De belles journées
Lundi, c’était la «journée internationale de la femme». J’aime bien la journée internationale de la femme. Je dirais bien que c’est parce que j’aime bien les femmes, mais ça fait un peu misogyne de dire ça et en plus, ce n’est pas vrais, je n’aime pas toutes les femmes, j’en aime une certaine quantité et encore, à des degrés assez divers : j’aime ma femme, j’aime mes filles, j’aime Marge Simpson et Frida Kahlo. Je n’aime pas tellement Éva Braun ni Paris Hilton ni Sarah Palin...
Enfin, de toute façon, la journée de la femme n’est pas du tout une journée qui est faite pour ceux qui aiment les femmes, mais une journée qui est faite pour penser aux femmes. En réalité, la journée de la femme, c’est un intitulé aussi mensonger que «chips light», parce que quand on dit journée de la femme, il faut comprend «journée de la condition de la femme», ce qui est fort différent.
C’est étrange toutes ces «journées internationales», inventées par Dieu sait qui et servant à Dieu sait quoi... À quoi peut donc bien servir «la journée internationale du Chant Choral» ou la journée mondiale du blog» ou «la journée mondiale du tricot» ou la «journée mondiale du pied»? Au vu de la longue liste des «journées mondiales» et «internationales» (nuance vaporeuse que je ne cherche pas à comprendre), on remarque qu’il reste quelques places libres. Pour ajouter à ce panorama hésitant entre l’absurde et le politiquement correcte, on espère voir un jour la «journée international du trampoline», ou la «journée mondiale de la glissade» ou bien encore «la journée internationale des gens qui s’appelle Roger et qui aurait préféré Brandon».
La journée de la femme est une journée compliquée. Et si elle est si compliquée, ce n’est pas parce qu’elle tombe entre «la journée internationale de la radio et de la télévision en faveur des enfants» et «la journée mondiale contre la censure sur internet». Elle est compliquée parce qu’elle pourrait être confondue avec (ou mêlée à) la «journée internationale d’action pour la santé des femmes» ou bien avec la «journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes» (qui ne concerne heureusement qu’une partie des femmes et qui est elle-même à ne pas confonde avec la «journée internationale de la non-violence»), ni avec la «journée mondiale des droits de l’homme» (qui concerne tout le monde).
Cette année, comme les autres, la «journée de la femme» donna lieu à de longues successions de profession de foi, de promesses ou toute sorte de personnages politiques tentèrent, dans la mesure de leur possibilité, de faire de la communication : Sarkozy, Sarah Turine, Laurette Onkelinkx, Joelle Millequet, Charles Michel...
La «journée de la femme»… Le journal Libération y voit, pour la France une figure imposée des politiques. Le constat est valable aussi pour la Belgique
C’est amusant quand même, ou peut être effrayant de voir comme la «journée de la femme» réussit à merveille, sans en avoir l’air, à faire de la femme... un objet.
3/25/2010
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