3/25/2010

Le soir 30-11-09

Tel est prit...



On ne peut pas se réjouir du malheur des autres et il ne faut pas souhaiter aux autres ce que n’on se souhaiterais pas à soi même. Voila une bonne petite dose de morale simple qu’il est important de connaître mais qui n’est pas toujours facile à respecter.
Pierre Desporges apportait une nuance intéressante à cette morale de comptoir en disant : «on ne peut pas rire du malheur des autres sauf si il est drôle» et modestement, je rajouterais qu’«on ne peut pas se réjouir du malheur des autres sauf si c’est bien fait pour eux».
Depuis quelques années, chaque fois que j’entendais parler de Duabaï, un vague nausée m’envahissait suite à la confirmation du fait que la nature humaine ne vaut pas plus (et sans doute moins) que celle de la larve mélolonthoïde qui est un ver blanc nécrophage.
Quand à la télévision je vois les images du Burj-Al-Arab, cet espèce de grand sarcophage dans lequel l’élite internationale vient (venait ?) dépenser dix milles dollars d’argent sale pour y passer la nuit, quand je vois les photographies des îles artificielles de «Palm Islande» ou de «The World», quand j’entends parler des projets crypto phalique de la tour Al-Burj ou de l’Anaka Tower, quand j’imagine l’état psychique de l’esprit ayant imaginé le «festival du shopping» (ayant lieu durant un mois au premier trimestre de chaque années), quand j’entend parler de cette piste de ski indoor pour milliardaire capricieux crachant au visage du monde quelques millions de tonnes de CO, je vous assure que j’ai envie de prendre la tête entre les mains et passer la journée à pleurer face à toute cette débauche d’argent gaspillé et d’énergie gâchée.
Dubaï, c’est un peu comme le rêve d’un sale gosse gâté pourri qui se serait transformé en cauchemar. Dubaï, en quelque années, sous l’impulsion du Cheikh Mohammed Ben Rached, avec l’aval des habitants, de quelques financiers et entrepreneurs du monde entier, une espèce de caricature de notre monde et de ses travers matérialiste le menant tout droit à la mort par asphyxie. Dubaï c’est un peu «Sa majesté des Mouche» si on avait dit au enfants naufragés et livrés à eux même que tout était possible et que quoi qu’ils fassent ils n’auraient jamais de compte à rendre. Dubaï c’est un univers aussi petit qu’un fruit confit, mais aussi boursouflé que l’égo d’un docteur No, un univers où un semblant de rigidité morale couvre une exploitation cynique de travailleurs immigrés et parfois (souvent ?) de cohorte d’esclaves.
La crise financière qui a prit Dubaï de la même façon les poux envahisse la chevelure d’un petit de première maternel ne me réjouit pas vraiment. Et puis le gag n’est pas assez bien monté pour être drôle. La seule petite satisfaction est mesquine mais bien réel : pour un soir ou deux on dormira un peu moins bien à Dubaï.
Et ça, ça donne à cette bête histoire un semblant de morale.

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