3/25/2010

Le soir 16-3-10

Foulard



Quelle histoire cette histoire de foulard ! Cette semaine, ça a philosophé tous azimuts : des profs peuvent ils porter un foulard en classe ? Où s’arrête la démocratie ? Où commence le prosélytisme ? Liberté individuelle ou neutralité pédagogique ? Qu’est-ce que la laïcité ? Y’a-t-il un danger ?
Franchement, j’ai eu beau écouter les débats, les arguments des pour et ceux des contres... La seule chose que j’ai pu en tirer, c’est que les «farouchement pour» m’ont fait aussi peur que les «farouchement contre».
Pour le reste, aucune opinion claire et argumentée n’est apparue dans mon esprit.
Soit.
Mais avec toute cette histoire, j’ai repensé à mes années d’athénée. À l’odeur de craie, d’eau sale, d’éponge pourrissante et d’eau de javel qui caractérise sans doute toujours les salles de classe. J’ai repensé à la lumière des néons qui doit sans doute toujours être la même. J’en suis certain, peu de choses on du changer, finalement, depuis les années quatre-vingts : sur les bancs, sans doute les mêmes graffitis pornos ou désespérés gravé à la pointe du compas ou soigneusement calligraphié au feutre indélébile. Le même Pythagor, le même Thalès, le même poème de Lamartine, la même découverte de l’Amérique. Les mêmes récrés pluvieuses à fumer en cachette en bouffant des Mars, les mêmes toilettes puantes et sans doute, les même jolies filles qui se retrouve aujourd’hui dans les mêmes rêves poisseux.
Je me souviens de mes profs : ce professeur de géographie alcoolique qui s’endormait sur ses Atlas, ce professeur de gymnastique qui voulait faire de nous des hommes en nous étranglant sur des tatamis durs comme du bois, ce professeur de français qui lançait des craies, ce prof d’anglais qui devait chiquer à cause d’un problème de glandes, ce professeur de néerlandais qui nous avait prétendus, tout un coure durant et dans la langue d’Hugo Claus que le sexe masculin était comme le biceps, un muscle qui pouvait être entraîné...
En six années d’études secondaires, comme tout le monde, j’ai adoré certains profs, j’en ai détesté une poignée et craint quelques-uns. Mes profs, c’était un bel échantillonnage du monde que je découvrais : des forts qui nous «tenait», des faibles que l’on usait, des sadiques, des joyeux, des vielles filles au col en dentelles d’ou dépassait des croix dorées, des jeunes stagiaires que l’on désirait secrètement, des lumineux qui nous aurait fait aimer les matières les plus ingrates.
De ce zoo merveilleux, je garde un souvenir confus et fiévreux. Un souvenir dont la «résultante des forces» (je cite mon prof de physique qui nous parlait avec nostalgie du Congo belge) est certainement positive, insouciante et festive.
Depuis cette semaine, je me demande comment j’aurais vécu la présence d’un prof voilé... Comment son voile me serait apparu à travers le prisme de mes hormones et du désordre fondamental lié à mon adolescence ? Comment aurais-je vécu ce voile à travers mon incompréhension de la trigonométrie, mes questionnements sur la durée précise d’un «rapport sexuel normal», sur mes tentatives désespérées pour avoir l’air «cool», sur la vision épouvantable de mon corps rendu informe par la croissance ?
Très franchement, je crois qu’un prof voilé je m’en serais contre balancé.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Beerlusconi est tout simplement une grande faucheuse pour le peuple Italien.....f

GregT a dit…

Merci pour ce billet qui, faute de proposer une solution à problème qui n'intéresse que peu de gens, est une perle de nostalgie.
Vous mettez des mots justes sur des sentiments aussi personnels que partagés.

Nicolas Dupuis a dit…

C'est vrais que si on désire une école sans signe religieu, il faut interdire le voile... Mais aussi on est dans un pays où l'on est libre d'avoir des croyances et d'avoir des choix.

Je pense qu'avoir un prof voilé ne me dérangerai pas. L'école est un lieu de discipline et d'apprentissage. Le reste importe peu...

Remarque, les débats sont politiques, c'est pour celà qu'on en parle... C'est plus de la pub, au fond, ils s'ennuient. Mme x n'est pas contre le foulard parce que c'est un signe religieu qui n'implique que son porteur, pourtant la Bourka, elle le refuse. Le joli discour qu'elle a tenu, préparé, agrémenté serait il faut à ce moment précis ?

Un foulard, pour certain, c'est comme une casquette, en classe, ce n'est pas correcte. Pourquoi autorisé l'un et non l'autre ? Inventerions nous une religion pour avoir le droit d'imposé son couvre-chef pour des raisons divines ?

Encore une fois on ne peut pas choisir un partis sans dérangé l'autre... Je serai prof, je m'en fiche et contre-fiche (passé sous silence ce jeu de mots d'un étudiant en architecture ^^) d'avoir des tetes couvertes devant moi du moment qu'on m'écoute.

Catherine Pierloz a dit…

J'aime bien ce que vous écrivez là Thomas Gunzig! Plus juste que tous leurs argumentaires vaseux!