5/30/2009

La Semaine Infernale 30-5-09

Dite...
Ca chauffe...
Cette campagne électorale ça devient d’une violence...
L’autre jour, il y avait le face à face Di Rupo - Reynders...
Nom de Dieu, mais à cette heure là, les enfants sont encore debout.
Moi j’essaye de leur donner un éducation «un minimum» correcte, j’essaye de les préserver du monde et de ses horreurs...
Ils auront à faire face bien assez tôt à tous ces trucs : la cruauté des guerres, le machiavélisme des marchés, le mensonge, l’égoïsme, la lâcheté, le monde malade qui crève depuis 4000 ans de tous les sales petits travers des hommes...
Et vlan : on vous balances un débat Reynders - Di Rupo à l’heure où je distribue des Vitabis en racontant «Le Voyage de Babar».
Di Rupo - Reynders Face to Face ! Non mais ça ne va pas : et pourquoi pas Massacre à la Tronçonneuse.
Non, mauvaise exemple... Massacre à la Tronçonneuse, à côté de ce débat, c’est un peu le «Manège Enchanté».
Et puis dans Massacre à la Tronçonneuse au moins il y a des filles en minishort...
Et ça moi, les filles en minishort, c’est un truc qui m’a toujours bien plût.
Hé ben dans ce débât pas de minishort juste deux têtes de côtelette de veau en vente rapide, l’une qui éructe, l’autre qui ricane.
Hyper gore !
Le débat Di Rupo - Reynders !
On ne voyait rien mais ça sentait la haine jusque dans mon salon...
Cette odeur caractéristique de sueur mixé de sang et d’urine...
Bordel mais moi j’ai envie de voter pour des gens qui s’aime, c’est quand même pas compliquer...
Qui s’aiment et qui sentent bon...
Et puis ma fille, la petite... Même pas quatre an qui regarde ça et moi qui la regarde en imaginant tout ces petits neurones en pleines formation qui doivent se mettre à faire pleins de connections bizarre dans sa petite tête à essayer de se demander pourquoi deux types reste assis face à face sans sourire et se à dire «espèce d’infréquentable... Non toi C’est toi, non c’est toi... Moi je ne te fréquente plus...» et que ça la fait sans doute un peu penser au dessin animé du Livre de la Jungle, le passage avec les singes qui gesticules aux milieux des ruines...
Et la voilà qui me demande : «c’est quoi les vrais problèmes des gens»…
«C’est un programmes politique, ma petite chérie...
«C’est quoi tes vrais problèmes, papa» ?
Alors, moi par exemple, c’est ce bruit dans le moteur, le matin quand je démarre et que ça fait «schschscwhscwh».
Et puis, ça fait trois semaines, j’ai un peu mal au genoux droit
et puis je ne comprend pas pourquoi ta maman ne veux pas qu’on s'amuse avec cette paire de menottes en velours rose que j’ai payé 40 euros chez Eva Luna,
et puis il faut absolument que je range la cave
et le chat qui fait ses griffes sur le canapé,
et depuis quelques temps quand je mange épicé, ça ne me réussis pas,
et le lave vaisselle commence à rendre l’âme,
et il fait toujours dégueulasse dans ce pays, j’en aie marre de me geler les fesses jusque fin mai,
et des vielles piles ont coulés dans la télécommande du dvd...».
C’est de tout ça qu’ils vont s’occuper si on vote pour eux... ? Elle me demande...
Oui... Et Babar sera là aussi et Zephyre son petit ouistiti en gilet rouge jouera de la flûte de pan tous les soir pour t’endormir.
Voilà où ça m’a conduit cette campagne électorale.
J’ai dû mentir à mes enfants.
Une seule conclusion, Véronique...
On est vraiment dans la merde...

La Semaine Infernale 16-5-09

L’autre jour pour moi c’était comme d’habitude : un jour de sukeleer.
Se lever bêtement tôt, réveiller des enfants crevés avec des têtes toutes blanche de chicons.
Essayer de les motiver : «aller ça va être chouette, il pleut, il fait froid, tu va rester enfermé toute la journée à essayer d’apprendre la table de 7 et ce soir, un fish tick et au lit, allez lève toi maintenant».
Prendre mon café, monter dans ma bagnole crasseuse, se taper les bouchons en écoutant Melchior Wathelet à la radio...
Melchior Wathelet...
Y me fait vraiment penser à un pot de vaseline : un peu gras, inodore, incolore, et qu’on peut faire des chose bien profond...
Bref, ma journée de Sukeleer...
Et je rentre chez moi,
je me met devant l’ordi pour bosser sur la semaine infernale et le jeux du dictionnaire
pour 250 euros...
Brute...
Une vie de sukeleer.…
J’en était là a essayer de trouver une définition rigolote au mot «Ravelana» quand la lumière s’est faite...
Je veux dire dans mon esprit !
Genre prise de conscience !
Je suis en train de rater ma vie...
Je suis en train de rater ma vie mais il y encore moyen de redresser la barre,
je suis en train de rater ma vie, mais il existe une solution
Et cette solution elle est aussi valable pour tous les sukeleer dont le meilleur moment de la journée c’est la pause sandwich champignon greque et dont le grand moment de la semaine c’est d’avoir trouvé une pièce d’un euros au fond de la poche du short qu’on sort une fois par an pour tondre la pelouse...
La solution c’est de se monter une petite intercommunale...
Putain de bordel de merde nom de dieu ! Mais pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt
Une petite intercommunale...
Pour monter une petite Intercommunale il y a quelque règle simple, la première c’est d’être un peu organisé.
Après, ça va tout seul.
Bon, le truc avec la petites intercommunal et ça c’est très très important, c’est que personne ne comprenne vraiment à quoi elle sert.
Et pour ça, il faut lui trouver un nom bizarre qui commence par I
ISOCOGEP : Intercommunale des société qui organise les classes ou les grades à l’Est de Peruwelz...
ou bien
IECONOMAB : Intercommunale d’Etablissement Concerté d’Obtention Nominatif d’Origine Multiple Adossée au Brabant.
Ce qu’il faut, et ça c’est vraiment important aussi c’est qu’il faut être administrateur dans au moins deux sociétés qui elles aussi ne servent à rien mais qui elle aussi porte des noms bizarres mais qui ne commence pas forcément par I
FSWC ou bien SRWDE ou bien SRGENOC, un truc de ce genre, on s’en fiche de savoir ce que ça veux dire par ce que c’est société elles ne vont servir qu’à une seule choses, expliquer que si vous n’êtes pas souvent à l’ISOCOGEP ou à la IECONOMAB c’est parce que vous avez du boulot à la FSWC ou la SRWDE.
Inversément, si vous n’êtes pas à la FSWC ou à la SRWDE c’est parce que vous êtes en route pour l’ISOCOGEP ou pour la IECONOMAB et qui si on ne sait pas vous joindre c’est parce que vous êtes en réunions pour préparer les statuts de la SRGENOC
Un truc important, c’est qu’il faut au moins deux amis et deux enfants, comme ça, quand vous n’êtes ni à l’ISOCOGEP ni à la IECONOMAB ni à la FSWC ni à la SRWD ni en réunion à la SRGENOC hé bien en tant qu’administrateur vous pouvez toujours mettre vous deux amis et vos deux enfants sur un fauteuil derrière un bureau avec un PC, du moment qu’il y a internet pour regarder des vidéo rigolote sur You Tube généralement, ils sont d’accord...
et vous pouvez allez faire votre Colruithe tranquile avec la voiture de société de la ISOCOGEP ou même celle de la IECONOMAB dont le coffre est plus grand si jamais vous devez achetez des casier de bière.
Si vous faite des courses au Colryuthe, surtout
surtout !
n’oubliez pas le tickets de caisse qui rentrera dans les comptes de la FSWC ou ceux de la SRWD et si vous ne savez plus exactement n’hésitez pas à appeler votre femme sur votre téléphone de fonction, son numéro est celui de la ISOCOGEP ou elle exerce une mission d’experte de la IECONOMAB rémunéré grâce au contrat d’audit avec la SRWD sous le contrôle conjoint de la FSWC et de la SRGENOC.
C’est total clean.
Pour que tout ça fonctionne, il faut donc s’organiser mais il faut aussi un peu changer son vocabulaire par exemple ne dite plus jamais le mot Vacances mais dite le mot Mission.
Ne dite plus jamais le mot «Bien planqué» mais dite le mot Mandat.
Ne dite plus «ce soir j'emmène ma femme au restaurant» mais «ce soir expertise avec mon réviseur».
Ne dite plus : «Cet été on va se tapper la cloche en Espagne» mais «En juillet brainstroming relatif au disposition du pouvoir adjudicateur de la démocratie locale».
Je vous le dis, avec un peu d’entraînement, elle va être chouette la vie avec ma petite intercommunale.

La Semaine Infernale 25-4-09

Dite
Je n’ai pas encore envie d’en ajouter un couche,
tout le monde en a déjà parler, d’autre vont encore en parler,
on a eu droit au gros titres, aux manifestations, aux aires scandalisés, aux aire contrits, aux mea culpa, aux conférences de presses,
Alors franchement, je ne vois pas pourquoi on en parlerait encore...
de la Californie...
Je ne vois pas pourquoi j’en parlerais encore à part pour souligner quelque chose qui me semble pourtant révélateur
La Californie, c’est quand même une destination pour les klet...
La Californie, c’est d’un ringard...
La Californie !
On se croirait revenue dans les années quatre vingt quand la musique c’était Olivia Newton John qui chantait Physical en collant violet et guêtre bleu électrique...
La Californie quel destination pour retraité du cerveaux enfin !
Non mais vous imaginez un peu le genre de shopping qu’on y fait, Californie :
des bages Walt Disney
des pin’s Starbuck
des tee-shirt Hard Rock Café
Avec toujours les même bête photo devant le golden gate
et la même bête visite dans le même bête minibus dans les studios d’hollywood à regarder les même vieux cascadeurs fatigués déguisé en cow boy vous faire et vous refaire le même vieux numéro de duel qui n’a pas changé depuis 1978.
Non de Dieu ! La Californie,
Mais comment est-ce qu’on peut ne serait-ce qu’avoir l’idée d’aller en Californie
Peut être que ça vient en regardant un peu trop la télé en buvant canette sur canette :
Brothers and Sisters sur Rtl-TVi : «La famille Walker se réunit pour fêter l’anniversaire de Kitty, cette journée va changer leur vie à tout jamais».
Ou bien les experts, cette bête série avec ce rouquin super moche : «Horatio Caine et sont équipe de scientifiques et experts reviennent pour une sixième saison pleine de rebondissements! Ils continuent de réunir leurs compétences et leurs connaissances pour résoudre les nombreuses enquêtes qui leur sont confiées... »
Trop de télé, trop de bière, trop d’heure passer à somnoler mollement au parlement wallons, trop d’heures passées à penser à ses petites affaires, trop d’heures passées à jouer au petit stratégo de la politique wallonne, trop d’heure passé renvoyer dix huit ascenseur et à en appeler 24 autres, trop d’heures passé à planifier le collage en stoemeling d’affiche électoral au couleurs immondes, au slogans crétins, sur les façades crasseuses d’impasses abandonnée de Couillet à Lessine, de Fleurus, à Waremme,
En période d’éléctions la Wallonie se remaquille comme une vielle pute : du rouge, du bleu, de l’orange, du vert, du noir...
La Californie...
Merde !
Ici on nous vend «Solidarité, Fraterniré, Egalité, Justice»…
Et puis on part en Californie...
La Californie, quelle destination de patate !
Parce qu’avec le budget de mission spatiale qu’ils avaient, il y avait quand même plein truc un peu plus classe,
Un truc un peu humanitaire du côté de l’afrique,
Des enfants tout maigre, des femmes malades
Ca ça le fait
Un truc un peu économique du côté de l’Asie
Ca ça le fait
Ca ça sent le Politique qui soigne son image et qui caresse l'électeur dans le sens du poil.
Mais la Californie.…
Il faut vraiment être abonné à Trends Tendance pour avoir envie d’aller en Californie,
Il faut vraiment être du genre à ouvrir son courrier avec un coupe papier pour avoir envie d’aller en Californie.
Il faut vraiment être du genre à aimer manger du poisson pané au Lunch Garden
Il faut vraiment être du genre à aller chez Auto 5 acheter un polish pour simonsier sa Lancia et à porter des chemise Lacoste rose pale et des pantalons à pinces.
«Quinze jour au Seychelles,
ça j’aurais comprit
Ou bien Cran Montana
D’accord...
Mais la Californie..
Ca c’est vraiment pour des buveurs de campari orange...
Allez maintenant que j’ai vidé mon sac, je peut oublier.

La Semaine Infernale 4-4-09

Dite, comme vous le savez ça être les élections en Juin.
Alors bon, l’autre jour j’ai reçu une lettre dans ma boîte...
Je vais vous la lire : «cher monsieur, comme on vous entends souvent dans le poste, je vous serais reconnaissante de bien vouloir lire cette lettre à l’antenne si vous avez le temps et si monsieur Gouders votre producteur est d’accord.
Signé Bruxelles.»
Bruxelles m’a écrit un petit mot qu’elle voudrait qu’on lise avant les élections

Ca va encore une fois être les élèctions
Et il va encore y avoir tout ces bêtes types pour lancer des bêtes idées sur ce qui est bon pour moi.
Mais moi..
Mais moi je vais vous dire :
moi, je ne m’aime pas.
Et je veux qu’on me laisse tranquil deux minutes.
Je suis une bête ville, construite en bête briques, pleine de bête bureaux pour experts comptables de petite monnaie, pour fonctionnaires européens triste d’être là, pour assureurs sur la vie des autres.
Je ne m’aime pas.
Je ne parle pas, je baragouine.
Je n'accueille pas, je sous loue.
Je ne réfléchis pas, je m’embrouille, je m’embête, je me traîne comme un vieux sac plein de vidanges. Je vais à gauche, je vais à droite, les pieds dans le mouillé, ni la mer, ni la forêt, ni la montagne, ni la plaine, ni les collines... Des marécages, des Ikéas, des zooning qui sentent la mort, de la misère industrielle, des écrans plasma de 78 centimètres qui éclaires des living insalubre.
Chez moi, les pauvres sentent le tabac et la purée.
Et les riches, la BMW, le cuir et le trichlorethylène de la wasserette.
En société, je la ramène avec mes maison art nouveau, des tortillons de plâtres sur des snottebelles en aciers, mais le soir, quand cette pluie aussi froide qu’une laryngite me tombe et me retombe sur la gueule, je me dis que ces façades, coincée entre un Quick et un Sarma, entre une boutique Mobistar et un Proxi Delhaize, entre un H&M et un Brico, que ces façades c’est juste du brol pour la broquante.
C’est juste des attrape poussière.
C’est juste pour les photo sur les folder de Zaventem Bruxelles National.
Bruxelles.
Bruxelles.
C’est quand même un bête nom.
J’aurais voulu m’appeler Magalie.
Draguer des mecs, m’habiller court.
Penser à rien, conduire vite.
Faire l’amour sur des plages déserte, boire des cocktails au coco, manger des grillades, me foutre du monde, faire ma pétasse.
j’aurais voulu qu’on me sorte, j’aurais voulu qu’on me gâte, j’aurais voulu qu’on me fasse rire, j’aurais voulu qu’on me fasse des scène, j’aurais voulu qu’on vienne pleurer sous mes fenêtres. J’aurais voulu qu’on me sert fort, qu’on me dise des petits mots cochon et que ça me fasse frissonner.
Je n’ai connu que des bourgmestre, laid, gros, gras, grossier, vaseux, vislard, nulle, pâle, sou, roublard, mal fringué, mal lavé, brutaux, avide, pervers, égoïstes, narcissiques.
Moi la pute, eux les macs.
Bruxelles.
Simple X double L
ou
Brussel
Double S simple L
Je ne sais pas comment m’écrire
Bruxelles
Brussels
je ne sais même pas comment me dire.
Je suis un p’tite bonne femme mal fichue, toute vielle, toute sale, toute tordue,
toute seule, avec ma pluie sur la gueule.
Pas de souvenirs, pas d’histoires, pas d’enfant,
pas de carrière, pas de gloire, pas d'espoir, pas de désespoir.
Une humeur égale.
Une jupe en carrelage, un gilet en ardoise, une usine à café, une odeur de chocolat, une tête à Tintin qui a fini de tourner, un Atomium rénové comme une canette de coca, quelques piscines chlorée, quelque Pittas aux choux, des rues en pentes, un petit roi, des petit trams, un petit bois, des petits drames, des petits chiens, des petites crottes, des merveilleux meringué, des décas, du faux marbre, des chantiers, des petits trous, des petites affaires, en stoemeling, Quick est fonctionnaire, Flupke est commissaire et Patrick Hammers au cimetierre.
Moi, je ne m’aime pas.
Ca se voit. Ca se sent.
Je me néglige, des crasses sous les ongles, une haleine de Stella.
On ne me visite pas, on me traverse.
On ne me rénove pas, on me ravale.
Et mon cœur,
mon tout petit cœur,
mon tout petit cœur de spéculoos
qui me battait dans le thorax en faisant crac et croc
je l’ai laissé partir au fond d’une rivière crasseuse.

J’espère que le 7 juin vous penserez à tout ça.
Je voudrais juste être tranquil

Amitiés Votre Capitale

La Semaine Infernale 21-3-09

L’autre jour,
j’étais comme une andouille dans les embouteillages du matin...
Dans ma petite bagnoles toute pourrie et toute crasseuse...
Dans ma petite bagnole qui fait tellement plein de bruit bizarre que je me demande parfois si une famille d’opossom ne s’est pas installé dans le moteur...
J’étais là tout seul, à écouter VanCauwenbergh : « à me dire putain mais quel con ce type»,
j’étais là à chercher dans mon nez et à faire des boulettes que je collais sous le volant.
Bref, j’étais là à ne penser à rien quand soudain, dans le courant des voitures qui venaient en face, je vois une blonde...
J’adore les blonde...
Une blonde genre la trentaine sportive, les cheveux bien tiré en arrière avec une queue de cheval blonde, des lunettes de soleil en diadème, un petit côté barbie, un petit côté équipe suisse de Curling.
J’adore les queue de cheval, j’adore les lunettes de soleil en diadème, j’adore les barbie, j’adore le curling et j’adore la suisse...
Un petit côté avenue Louise, un petit côté qui est pressé, genre qui bosse dans un cabinet d’avocat mais qui passe dix huit heure par semaine à faire du Power Plate au David Lloyde Drève de Loraine...
Un petit côté à porter des botte d’équitation et une jupe mi cuisse...
Alala...
Et cette blonde,
Elle devait sentir bon cette blonde,
elle devait sentir le shampoing aux extrait d’agave, la crème de jour au principe actif de sperme de loutre...
Pas de point noir, l’épiderme aussi immaculé que de la neige frâiche...
Et cette blonde,
Cette blonode
elle roulait en Ranch..
Gris Métal
Cette longue blonde dans une grosse Ranch...
C’était...
C’était de toute beautée...
M’en fout du CO, m’en fout des écolos, m’en fout du développement durable,
Je me doute bien qu’avec son sèche cheveux semi professionnel, sa piscine chauffée et tous les spot de douze milles wattes qui l’éclaire quand elle rentre dans villa treize façade de Lasne et que très lentement elle fait glisser la soie de ses dessous Chantelles sur sa peau de lait en fredonnant la sonate en si bémole majeur Andante Expressivo de Felix Mendelshon sur sa chaine Bang et Olufsen,
je me doute bien que son emprunte écologique doit être assez proche de celle de l’USS Entreprise...
Je m’en fout...
Cette rencontre n’a durée qu’une fraction seconde, mais elle m’a fait réfléchir...
Moi dans bagnole pleine de crotte de nez, de sucette à moitié sucée collant sur le réhausseur, de miettes de Cent Wafers et de berlingot de cecemel fossilisé sous les tapis de sol
Et elle,
Ma blonde en Ranche
avec son tout petit cul délicatement posé sur la sellerie couleur «écorce de saul» de sa toute grosse Ranch dont la taxe de mise en circulation doit valoir le prix de mon appartement...
Je me suis dit que peut être elle et moi nous étions à deux époques différentes :
Elle, un peu golden sixities héritière d’un temps sans crise où avec un diplôme de designe en décalcomanie vous trouviez un boulot, vous aviez une carrière, vous pouviez faire des emprunts sur trente ans, partir au ski, faire vos course chez Rob, louer un appartement à la côte, faire un week end découverte des château de la loir, vous offrir en institut une épilation maillot bien en V et vous achetez une Ranch...
Avec une Omnium
Et moi...
Avec ma Toyota
Avec mes crotte de nez,
dans une une rue bouchée
A écouter Van Cauwenbergh me parler des valeurs de la gauche et dire «Charlerois à besoin de leader»…
Le genre de phrase qui me fait le même effet qu’une injection de glycérine par voie rectale.…
Et moi total XXI ième siècle : coincé, tout sale et niqué...
Cette blonde,
outre le fait qu’elle avait réveillé en moi le désir profond de laisser Van Cauwenberg parler tout seul, de sortir de ma voiture, me mettre à courir derrière sa Ranch, d’arracher sa portière gris métal avec les dents et de...
Et de heuu...
Ca c’est tout moi... Je ne sais jamais bien quoi faire une fois que j’ai arraché la portière avec les dents...
Enfin bref, avec cette blonde, pour la première fois de ma vie, je me suis dit cette phrase que je m’étais juré de ne jamais dire :
«C’était mieux avant»
Il faut le reconnaître, Avec cette blonde en Ranche, je suis devenu un vieux con.
Je suis fichu Véronique.

La Semaine Infernale 14-3-09

Dite...
Cette histoire de FortisGate,
Franchement
L’autre jour, j’ai regardé un bout de la commission d’enquête parlementaire...
sur internet
Hé ben
Le Fortisgate.…
C’est mal écrit...
Le Fortisgate...
Déjà le titre,
Fortisgate...
Ca veut faire américain...
Ca veut faire superproduction...
Ca veut rappeler les «hommes du président»
Mais en fait, quand on regarde les images...
C’est mal fait...
Déjà, pas une seule vedette...
Normalement, dans ce genre d’histoire, y’a du Dustin Hoffman, du Robert Redford...
Et puis il faut des des belles poules avec des longues jambes qui vous donne rendez vous le soir, à l’arrière d’une limousine pour vous remettre des documents confidentielle...
Et qui vous parle en chuchottant,
Et qui tire sur un fume cigarette en ivoire...
Et ça c’est dure de chuchotter en tirant sur une fume cigarette en ivoir
Y’a que les femmes très très classe qui y arrivent...
Que les femmes dans les superproduction...
Mais dans le fortisgate...
Rien...
Pas une seule belles poules...
Pas un seul fume cigarette...
Ah mais... Je les aies bien chercher les vedette,
j’ai attendu...
Rien...
Tout un cheptel de type avec des têtes à avoir avalé un kilos de stimorole et qui ne savent pas si ça se crache ou si ça s’avale...
Et que ce chipote, avec leur bouches pleine, et que ça tourne en rond
Mais merde quoi !
Pour une fois qu’on avait un bon sujet, il faut encore que ce soit une klet qui vous scénariste tout ça,
Les personnages sont nul : Pim Vanwallegem, Olivier Hennin, Christian Van Buggenhout, Karel de Bock...
Tous aussi charismatique qu’une barquette de côte de porc.
Des fois je me dis qu’on a confié le casting au poisson rouge de ma voisine!
FortisGate
Et puis, les décors... On se croirait dans le réfectoire d’une maison de retraite au moment du quatre heure...
Quand on vient de distribuer les petits Suisse...
Et que tous les petits vieux ils sont là tout triste devant leur petit suisse
Que tous les jours depuis sept ans il reçoive le même petit Suisse
Mais qu’ils ne peuvent rien dire sinon il se font engeuler par les infrimières...
Et qu’ils vont finire leur vie comme ça
Face à un putain de petit suisse
FortisGate
Ce décors c’est d’un triste...
Des bêtes tables, des bêtes néons, des bêtes thermos...
C’est mal éclairé, c’est mal filmé, c’est mal mit en scène
C’est mal joué...
On dirait un de ces pornos amateur où quelqu’un à cru bon de faire des dialogue.
Franchement entre : «Le cabinet restreint par ordre du kern en vertu du rapport sur l’article 10.85 répondait à la question du kern du mercredi alors que le kern du jeudi se rapportait à une question de procédure»
Et : «Antoinette avait un problème de machine à laver, aussi appela t’elle le plombier qu’elle attendit nue sur son lit tout en caressant lascivement cette généreuse poitrine et son pubis au poil dru»
Hé ben moi je ne voit pas vraiment de différence.
Le Fortisgate...
C’est mal écrit
On comprend rien..
A la base, l’histoire, elle est pas compliquée quand même : «quelques ministres on été dire à quelques juges qu’ils avait plutôt intérêt à faire ce qu’on leur disait».
C’est simple
A côté de ça un épisode de Scoubidou, ça passerait pour du Roland Barthe...
Hé ben pourtant on ne comprend rien :
les gens vous disent des phrases bêtes : «Comme tout être humain, je commets des fautes mais quand j'en fais, je le dis. Je n'ai rien à me reprocher. Des petits malins en profitent"
On se croirait dans un spectacle de ratinet...
Et encore, Ratinet ça fait rigoler les enfants...
Ici, c’est sinistre,
mal fichus, mal monté, pas drôle
Et puis y’a des bêtes coup de théâtre... :
«vous avez cru que j’allais le dire mais je ne le dirai pas»
«Au fond je vais écrire ce que je n’ai pas dit»
«Au fond je vais dire ce que je n’ai pas écrit»
«au fond je ne vais pas dire ce que je dis parce que je préfère ne pas l’écrire»
«au fond, je vais écrire ce que je dis pour ne pas dire ce que je n’ai pas écrit»…
Et ça dure...
Et ça dure...
Fortisgate
C’est d’un triste.
Quand je pense qu’avec un budget pareil les frères Daerdenne, ils auraient pu faire leur remake de «Nefertiti reine d’Egypte»
Au moins ça aurait fait une palme d’or.

5/29/2009

La Semaine Infernale 28-2-09

Dite,
la semaine dernière dans le cadre d’un truc culturel, j’ai pas mal parcouru les routes de Flandre.
Je vous avoue, qu’avant de me lancer là dedans, j’étais un peu inquiet.
Bon, les flamands pour moi c’était soit des technocrates machiavélique en costume Zeeman, soit des espèces de buveurs d’eau salée chantant en cœurs que les wallons sont des pédophiles.
D’ailleurs, à mon entrée en Flandre, via le ring, j’ai senti une contraction de mon gros intestins à la vue de l’affiche de Bart de Weaver clamant bien haut : «Afrit Vlaanderen - Uitrit Crisis»
Mais bon, j’y aie été quand même :
Sint Niklaas, Dilbeek, Antwerpen, Mechelen, Roeselaar, Aalst, Leuven, Tongeren, Genk, Knokke...
J’avais un peu l’impression de descendre au cœur des ténebres, Hearth of Darkness...
Le soir, je quittais la maison, j’embrassait ma fiancée et les enfants comme si c’était la dernière fois et je m’en allais d’un pas lourd, risquer ma vie dans les contrée sauvage du nord du Pays.
Le pays maudit.
Celui d’où on ne revient jamais...
Et pourtant, me voilà...
Je suis revenu...
Et de cette semaine passée de l’autre côté du miroir j’ai tiré une conclusion :
Les flamands...
Ils sont comme nous...
Ils ont les même autoroutes un pourrie qui ferrait passer un chemin Kazakh pour une table de billard.
Ils ont les mêmes bêtes bagnoles, dans lesquelles ils mettent la même bête essence achetée trop cher dans les même bête pompes Total avec les même bête magasin où l’on vous vend des fortunes des chips, des magasine porno, du Coca Zéro et des peaux de chamoix.
Ils ont les mêmes bêtes petites villes ou les mêmes pauvres s’entassent dans les mêmes immeubles pourris et ou les riches ont les mêmes bête quatre façades avec une bête allée pour bête garer en marche avant une bête voiture.
Physiquement, franchement, ce sont les mêmes : j’ai bien regarder. Ils ont les même gros, ils ont les même maigres, ils ont les même bête vieux qui ont mal aux même endroits et qui ont le même bête vaccin contre la même bête grippe qui leur fera couler les même bête snotebelle de leur bête nez.
et les même bête jeune qui écoutent la même bête musique de ces bête Pussycat Dolls et qui regarde les même bête films et qui portent les même bête pantalons qui pendent entre leur bête jambes et qui ont la même bête vilaine peaux...
Les flamands, ils sont comme nous...
J’ai même parlé à quelques flamands...
J’ai apprit des choses incroyables :
Pendant l’année, ils attendent les vacances
Ils vont à leur bête boulot sous une bête pluie et perdent des heures dans des bêtes embouteillages
A leur boulot, ils perdent bêtment leur temps en allant en stoemeling sur ebay, face book et Little Dirty Latinas
Et Pendant les vacances, les riches attrapent des cancer de riches à brûler sous un soleil de riche.
Et les pauvres attrapent des cancer de pauvre à brûler sous un soleil de pauvre.
Les flamands, ils sont comme nous...
Ils vont au Colrythe,
Ils profitent des promotions
Ils regardent les dates de péremption
Ils font le tri selectifs mais parfois ils ne savent plus si la frigolite va avec le plastique ou l’aluminum.
Ils se font des petit café le matin
et le midi des tartines au thon piquant.
Ils sont comme nous :
Des fois, ils en ont marre...
Des fois, ils se trouvent une mauvaise mine,
Ils font la saint Nicolas, leur gosses leur demandent des cartes Pokémon et les parents ne comprenne rien aux règle.
Et quand le mercredi après midi au Quick et ils demandent le même bête menu Magic Box qui va leur donner le même bête mal au ventre surtout si il joue dans la même pleine de jeux...
Ils sont comme nous...
Ils ont les même bête disputent où madame dit :
«Oh allez, avec toi c’est toujours pareil»
Et où monsieur dit :
«Ca va hein, t’es jamais contente»
Ils sont comme nous :
Ils ne se coupe pas assez souvent les ongles des pieds et quand ils le font, ils ne savent pas quoi faire des petit bout qui traînent partout,
Ils aiment se coucher dans des draps tout neuf, ils préfère vider le lave vaisselle que le remplir, ils s’inquiètent quand le moteur de leur voiture fait tactactac au démarrage, ils leur arrive de se demander si les gsm fait chauffer le cerveau mais en gros ils s’en fichent, ils ne mangent ni trois fruit ni trois légumes par jour, le matin ils pètent au lit quand madame dort encore, ils n’aiment pas trouver un essuie mouiller quand ils sortent de la douche, il n’aiment pas les petits beurres ramollis parce que le paquet est resté ouvert..
Les flamands, ils sont comme nous...
Je me demande vraiment pourquoi c’est si compliqué...

Le Soir 26-5-09

© 1929-2009




Il y a un bon paquet de dizaine d’année, alors que le monde ne connaissait ni la grippe en sombrero, ni l’arrogance des tradeurs, ni la pornographie sur internet, ©, le sympathique reporter voyait le jour.
Si tous le monde, ou presque aimait ©, ce n’était pas pour son look un peu allumé de golfeur qui a perdu son caddie, ni pour son chien frisé qui parle, c’était surtout parce que rien ne l’arrêtait.
Un train en marche, un avion en plein vol, un bateau dans la tempête, © il y allait. Un mur, une clôture, une montagne, une grotte... Il y allait aussi.
Les obscures Soviets, les mafieux d’amériques, les triades, les émirs, les trafiquants, les faussaires, les voleurs, les menteurs n’avaient qu’a bien se tenir. ©, il avait un fameux sens de l’audace et une solide soif de liberté.
Et quand on lui disait : «désolé, pas de photo», © il rigolait bien, il planquait son appareil sous son imperméable mastic et il les faisait ses photos non sans avoir donné un coup de poing aux sinistres pour leur apprendre la vie.
Un bon coup de poing dans la figure, voilà ce qu’on avait envie de faire à ces andouilles de chez © lors de l’ouverture du musé © prétendument à la gloire de © mais qui, dans les fait, ressemble plus à un caveau qu’à un musée.
Alors le voilà mort et emmuré, notre petit héros national. Avec son ossuaire prétentieux censé ramener encore plus de fric à encore moins de monde. Cette dernière histoire aurait pu avoir le titre de «© au pays des ayants droits» ou bien «© contre la cupidité du monde». En tout cas cela aurait été un album tragique dans lequel le petit reporter aurait été piégé par les siens et aurait fini emmurés sous les ricanement sinistre de ceux qui aurait fini par le piéger.
C’est dommage qu’il soit mort © et que ce qu’il reste de son esprit soit gardé par cet affreux garde suisse anglais. Je l’aurais bien vu ©, partir en Corée du Nord pour nous revenir avec quelques photos de la bombes souterraine de Kim Jong Il. Je l’aurais bien vu, passer en stoemeling les barbelé de Guantanamo, se balader dans la vallée de Swat ou même, l’air de rien, aller écouter aux portes du Cdh, du MR, du PS et d’écolo.
C’est dommage qu’il soit mort, ©. L’esprit de liberté qu’il portait en lui, c’était aussi cette volonté de faire la lumière sur les choses, de connaître la vérité.
Une certitude : depuis la mort de ©, en Belgique c’est un peu comme si on avait encore baissé la lumière.
A ce rythme, on finira par ne plus rien voir.
Et du coup, on finira par ne plus rien comprendre.

Le Soir 19-5-09

Résponsabilité - Irresponsabilité



En 2001, un Pakistanais répondant au nom très Pakistinais de Javaid Iqbal était emprisonné, maintenu en isolement, sans audiance et maltraité durant cinq mois.
Javaid Iqbal était parfaitement innocent. Blanc comme neige à la peau basanée victime de la politique échaudée du ministre de la Justice, John Ashcroft et de l'enthousiasme du directeur du FBI Robert Mueller. Un peu amère, Javaid Iqbal a déposé plainte contre les deux bonshommes mais les juges de la Cour Suprême, pétri de sagesse et de justice, ont rejeté la plainte...
Robert et John ne sont pas responsables.
Robert et John respirent.
Au Sri Lanka, pris entre les tires d’une armée régulière encouragée par l'opinion et ceux des effrayant «Tigres Tamouls», cinquante milles civiles dont un bon paquet d’enfant qui aurait sans doute préféré jouer au foot ou à touche touche plus haut, sont morts
Le chef des tigres est mort lui aussi et le président Sri Lankais se réjouis.
Il n’est pas responsable.
Il respire.
Quelque par, en Birmanie, pour d’obscures raisons on juge une femme de 63 ans, Aung San Suu Kyi, affaiblie et malade, harcelée par des militaires.
Than Shwe, le chef de la junte Birmane, reclus dans une ville bunker, protégé par 40.000 hommes et la bénédiction de gros intérêt énergétique occidentaux, ne risque rien d’autre qu’un gros rhum.
Il n’est pas responsable.
Il respire.
En France, le Parquet de Paris, l'exécutif donc, s’oppose à l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les biens des chefs d’Etats Africains, Omar Bongo et Denis Sassou Ngesso.
Ils n’ont rien fait.
Ils ne sont pas responsable.
Ils respirent et avec eux Nicolas Sarkozy et la société Total aussi.
Par contre l’association «Transparance Internationale» qui avait porté plainte pour «recel et détournement de biens publiques» a du soucis à se faire : Omar Bongo porte plainte pour diffamation. Jusqu’ici, le parquet reste de marbre....
En France, un élève de treize ans poignarde son professeur. Tous le pays est en émois, les JT s’ouvre sur les images du ministres français de l’intérieur, l’air soigneusement concerné par l’affaire. La petite brute se retrouve en prison.
Il doit sans doute être le premier surpris : dans ce monde tout semblait pourtant permis.

Le Soir 12-5-09

Tous drogués



Je l’avoue, je fais mon «coming out», je ne supporte plus le fardeau de ce secret honteux : je me drogue !
Souvent le soir, après ma journée de travail, quand le monde semble peser de tout son poids sur mes épaules, quand l’énervement des embouteillages sous le ciel gris du Printemps Belge m’a rongé les nerfs, quand la petite pile de facture orangée bien rangée sur le meuble du bureau m'accueille le sourire en coin, quand j’ai essayé de me foutre de cette histoire de ministre de l’action sociale s’arrosant de l’argent des intercommunale au moment où la misère ferme tous les boutons de son gros manteaux sur ce qu’il reste de notre pays, quand j’ai entendu à la radio un vielle alligator dire que si pour le moment on parlait beaucoup des «affaires» liées au partis socialiste c’était parce que «ça allait être les élection» (et non parce qu’il y avait effectivement des affaires liées au partis socialiste), quand j’ai vu à la télé des morceau d’enfant Sri Lankais emballés à même le sol dans des linges crasseux, quand une visite du Pape au Proche Orient ressemble comme deux gouttes d’eau à une opération de com’, quand je finis par me dire que les cinglés qui m’affirme que la fin du monde est pour 2012 ont peut être raison, alors je craque.
Sur un plateau je prépare deux grand verre remplis de glaçons. J’y met du jus d’airelle, du jus d’ananas, de la liqueur mûres-framboise, de la liqueur de melon vert et de la vodka. Avec ma fiancée, en parlant des éliminatoires de la «Nouvelle Star», je bois alors ce mélange presque pourpre que les barmen du monde entier appelle le «sex on the beach». Je sais que je ne devrais pas, l’alcool c’est pas génial, surtout mélangé, mais il y a ce fichu phénomène d'accoutumance.…
Je sais que je ne devrais pas. En plus, vous n’imaginez pas le prix de la liqueur mûre-framboise commandé sur internet avec des frais de port digne d’un bas relief égyptien.
Je sais que je ferais mieux de mettre de l’argent de côté pour ma retraite.
Par les journaux, j’ai apprit que le phénomène ne touchait pas que moi, je ne dis pas que ça me console, mais le fait de sentir moins seul, hé bien, c’est déjà ça.
Ca aide.
Evidemment, la cocaïne, c’est plus fort que mon «sex on the beach», mais je dois bien dire que dans un monde qui ressemble de plus en plus à un mauvais trip, les effets décrits par wikipédia («euphorie», «sentiment de puissance, illusion de tout comprendre, indifférence à la douleur à la fatigue et à la faim...») ne sont pas sans me tenter un peu.
Mais ce n’est pas pour tout de suite. D’abord par ce que c’est interdit, ensuite parce que ça me fait peur et enfin parce que c’est encore plus cher que mes liqueur que je vais chercher tous les trois mois au «point poste».
Mais bon, les drogués, les sniffeurs, les fumeurs, les piqueurs... Vraiment, je leur pardonne.
Mieux : je les comprends.

Le Soir 5-5-09

Feux de paille



Après dix jour où l’humanité entière hésitait entre la «dignité et le sang froid à deux doigt de la panique» et «une saine panique justifiée par la gravité de la situation» (sauf ma grand mère trop occupé à regarder «FBI, porté disparus» en mangeant des Quality Street), le bruit s’est mit à courir que cette grippe, finalement, elle n’était pas bien méchante.
Bien entendu, il y avait eu des morts mais infiniment moins que les milliers d’anonymes que la cousine de la grippe porcine (enfin la grippe mexicaine, enfin disons le virus H1N1 ou plus simplement la grippe A), la «bête grippe», fait chaque année.
En fait, après dix jour, on s’est rendu compte que la nouvelle grippe qui a fait trembler le monde elle n’est pas très différente de la bête grippe : un nez qui coule, une gorge qui fait mal et un peu de cette température qui vous cloue au lit, frissonnant à côté d’un tas de mouchoirs en boule.
Ouf.
Encore un peu, on avait peur.
Et la crise ? La «crise financière» ? Il n’y pas si longtemps, on nous annonçait la faillite d’un système, l’effondrement d’une logique économique, d’une explosions de la misère et du malheur.
Aujourd’hui, si les banques frissonnent toujours, même si leur gros nez d’argent et d’or coule encore un peu, même si elles bougent un peu moins que d’habitude, clouées au fond d’un lit fait de titres et d’actions on a bien l’impression qu’elle s’en sortiront.
Et avec elles, le système s’en sortira aussi.
Dans un autre registre, depuis Juin 2007 on a vraiment cru que c’en était fait de la Belgique, que cancer communautaire avait fini par atteindre les os, le sang et le cerveau. Que nous allions être coupé en petit morceaux, que la sécurité sociale se réduirait à un chiffon Swiffer, que ça allait être les ténèbres et l’enfer.
Et puis, finalement... Rien. Enfin pas grand chose. Enfin, pas grand chose d’autre que ce qu’on connaît depuis presque toujours : quelques grand mots, quelques envolées au lyrisme approximatif, quelques prises de position plus proche de celle d’un yoga douloureux que de la politique, mais un pays toujours là. Toujours aussi vague, toujours aussi approximatif, pas terminé, comme un de ces chantier qui n’en fini pas où les architectes sont trop nombreux, les entrepreneurs roublard et les ouvrier franchement tire au flanc.
Pas de catastrophe.
La Crise, la Grippe et la Fin de la Belgique... Toutes ces peur qui résonnent avec la voix de la petite fille qui s’amusait à crier «au loup ! Au loup !» sont chacune à leur manières devenue aussi effrayante qu’un pot de yaourt à la date de péremption passé de quelque jour.
Mais je ne sais pas pourquoi, un monde ou plus rien ne fait peur, ça me fait tout drôle.
Non, ça ne me fait pas drôle.
Ca me terrorise.

Le Soir 20-4-09

Pas de panique



Peut être que le printemps 2009 se prêterait bien à un premier bilan du nouveau siècle.
Hé bien, franchement, à bien y réfléchir, je dirais que, si on se place du point de vue du boursicottage et des virus, le vingtième siècle c’était quand même mieux que le vingt et unième. Au vingtième siècle, on faisait les choses dans l’ordre : d’abord la grippe et puis la crise. Aujourd’hui, avec la crise plus la grippe, en même temps, main dans la main comme un couple de voyous prêt à vous faire la peau, on a vraiment l’impression que quelqu’un nous en veux.
Au vingtième siècle, la grippe elle était Espagnol et la crise elle était en noir et blanc. Aujourd’hui c’est la grippe c’est celle des porcs et la crise est en couleur. La grippe Espagnol, c’était peut être une sale grippe, cent millions de morts avec Appolinaire et Egon Schiel dans le lot, mais au moins c’était une grippe qui sentait la gambas, une grippe qui évoquait le sable blanc de Lloret de Mare, une grippe qui avait déjà un petit air de vacance. La grippe du porc, elle évoque l’odeur du lisier, le goût du boudin, l’obscurité humide de la porcherie et le raclement des sabots sur le chape de béton armé.
Et puis, la crise en couleur, c’est de la misère en couleur et la misère en couleur sur une télé HD, c’est une misère cent pour cent réelle qui est là tous les soir, à l’heure du dîner, pareille à un nouveau membre de la famille, un petit dernier avec lequel il va falloir compter.
La crise et la grippe des porcs en même temps ! C’est vraiment pas de chance, ça me fait penser à ces histoire où le héros, après une longue série d’aventures, se trouve dans un situation tellement désespérée qu’on se demande comment il pourra bien s’en sortir.
Au cinéma, surtout si c’est une grosse production, le spectateur pour se rassurer peut toujours se dire que les scénaristes ne vont pas tarder à trouver une astuce, un «twist» et qu’avec le héros on ne tardera pas à voir de la lumière au bout du tunnel, que quelque chose va se passer.
Aujourd’hui, dans la réalité de cette première décennie du siècle tout neuf, il n’y a pas vraiment moyen de se rassurer. Beaucoup de caméras, pas mal de figurant, une ou deux vedettes, beaucoup de moyen, mais pas l’ombre d’un scénariste.
Ni d’un producteur.
Par contre tous le monde est un peu réalisateur et, collé bout à bout, toute les séquences targi-comiques qui envahisse les serveurs de You Tube et DailyMotion, ressemblent de plus en plus à un soap un peu minable, sans fin, sans objet et sans aucunes signification.
Le XXième siècle aura été celui des grandes idéologies et de leurs échecs, le vingt et unième, à voir comment il a commencé, promet d’être plus simple : il sera sous le signe de l’action qui baisse et du nez qui coule.

Le Soir 20-4-09

C’est une maison bleue



Cette histoire de voyage en Californie des députés wallons sent déjà la vielle bétrave mais elle me donne encore à réfléchir.
Tout d’abord, je me suis mit à leur place, à ces députés et je me suis dit que finalement j’étais comme eux : un type un peu faiblard côté caractère, un type dont l’honnêteté se contente du fait que je n’ai jamais tué personne, enfin de mes propres mains et que, si d’aventure, un jour, je trouvais par terre un portefeuille, il est probable que j’en empoche le contenu avant de le laisser dans une boite au lettre.
Les députés, je les comprends. Sans hésiter une seul seconde j’aurais dit à ma fiancée : «devine un peu où je t’emmène en vacance». Comme eux, à ma fiancé, je lui en aurait mit plein la vue en la faisant voyager en classe affaire et je me serais réjouis que le satin parfumé des suites de luxe réveille la libido de mon couple.
Les députés, je suis comme eux, un être humain qui ne sera jamais «un exemple», avec tous mes travers sur le dos, tous mes égoïsme dans la tête, toujours prêt à jouer solo si ça peut me rapporter quelque chose, toujours prêt à rentrer dans le rang si la situation commence à sentir le brûlé.
Les députés voyageurs je suis comme eux, je les comprend, vraiment, et je n’irai ni tirer sur les ambulance par ce que les ambulance ont autre chose à faire, ni hurler avec les loup parce que les loups me font un peu peur.
Par contre, les députés Wallons, ils sont quand même un peu klet.
La Californie !
Excusez moi, mais dans le genre destination ringarde on ne fait pas mieux. C’était le genre d’endroit on sont allé mes grands parents pour fêter leur retraites.
La Californie ! C’est tellement année 80...
Enfin bon sang, le monde est grand et avec avec le budget d’expédition intergalactique qui était le leur, il y avait quand moins ringard que la Californie.
Je ne sais pas moi, il y avait l’Amérique Latine. Ca c’est tendance. Quand Obama rencontre Chavez, ça le fait quand même plus que quand Vancauwenbergh se tape un McDo à San Francisco.
Il y avait l’Afrique : ses couleurs, son exotisme, sa misère et ses pirates : un voyage en Somalie, ça ça aurait été une carte postale, ça ça aurait été un ticket gagnant pour les élections.
Il y avait le Moyen Orient : ses lieux saint, ses marchés couverts sa culture millénaires ses haines intestines, sa complexités communautaire : voilà qui sent le voyage d’études et il y a aussi de jolies piscines.
Et puis, il y avait la côte Belge.
C’est pas si mal la côte Belge... Ses gaufres, ses cusitaxe, ses minigolfs...
Il a même fait beau à Pâques.
Et puis, des fois que ça les inquiéterais les élus Wallons, la côte Belge, c’est au moins aussi cher que la Californie mais là, il n’y personne pour venir vous emmerder à la rentrée avec des histoires de budget.
Même Eurodisney j’aurais compris.
La Costa Brava.
Même Lloret de Mare.
Mais la Californie, comme faute de goût, ça ne pardonne vraiment pas.

Le Soir 14-4-09

Le sexe des anges




La téléréalité, j’aime plutôt ça. J’aime bien ces émissions d’avant soirée du genre «confessions intimes», ces émissions que l’on peut prendre à n’importe quel moment et comprendre malgré tout grâce à l’insert permanent, grâce au flashback clairement identifié en noir et blanc, grâce aux monologues face caméras des untels ou des unetelles, se plaignant d’un compagnon trop soucieux de sa voiture, d’une compagne préférant son Lévrier Afghan à un week end romantique. Tout ça, ce sont des petites histoires, des petites tragicomédies à la saveurs de petit potins devant lesquels on éprouve le plaisir innocent de rire où de s’indigner.
Dans la télé réalité, ce qui est le plus chouette, c’est de pouvoir rentrer chez des gens que l’on ne connaît même pas et de regarder en stoemeling «comment c’est chez eux». Dans la téléréalité, les sols sont souvent carrelés, les meubles souvent en chêne massif, des télé immense éclaire des salons minuscules et parfois on aperçoit des collections de «boule à neige» ramenée d’Espagne et du Portugal.
Mais ce que j’aime par dessus tout, ce sont les émissions comme le «Grand Frère», où un grand type athlétique en tee shirt moulant vient remonter les bretelles d’ados en crises. Il leur sort des : «tu parle pas comme ça !», des «dis le moi en face !». Devant les parents paumés, il leur sert sa tambouille psychologisante à trois sous : «qu’est ce que tu veut me dire ?», «c’est un appel à l’aide ?»… C’est toujours claire, ça fini toujours bien et on fini par se dire que les problèmes, ça n’existe pas vraiment et que le monde, contrairement à ce qu’on pourrait croire, n’est pas un labyrinthe jonché de sac poubelles que personne ne vient jamais chercher.
En matière de télé-réalité, le mieux de tout, le nec plus ultra, le sommet, c’est «Super Nanny». Le principe est simple : une famille est dépassé ses propres enfants entre deux et six ans, une grande bonne femme en tailleur noir va faire un tableau de la situation et à la fin tout le monde s’aimera.
L’autre jour, en regardant «super nany», lors d’une scène dans la salle de bain, j’ai remarqué que les réalisateurs «floutait» les fesses et les sexe des enfants.
La caméra avait tous les droit : elle filmait les parents en pleurs, les chuchotements, les cris, le désespoir, la misère et la souffrance.
Mais la caméra ne filmait pas un enfant tout nu.
Quel drôle d’époque que la nôtre où la nudité d’un enfant s’apparente automatiquement à un travers tellement épouvantable que les caméras de télé qui s’ouvrent toutes grandes devant du tabassage policier, des exécutions talibannes, des agonies en tout genres, des abus de toutes sortes, se referment avec embarras devant un zizi.
Comme si la télé réalité, c’était en fait très loin de la réalité.
Comme si la télé réalité, ce n’était en réalité, qu’une sorte de miroir déformant devant lequel on agiterait des caricatures.
Finalement, c’est pas si mal de se dire que la réalité, c’est pas comme à la télé.

Le Soir 1-4-09

Les pauvres Cow Boy solitaires.



Depuis le Jolly Jumper (rusé, fiable, marrant, raisonnable) de Lucky Luck, le Tornado (courageux, puissant, rapide) de Zorro et le Petit Tonnerre de Yakari (sympa, curieux, agile), on a comprit que l’homme pouvait aussi se définir par sa monture.
Comprendre les gens c’est bien pratique. C’est bien pratique surtout quand, à quelques mois d'élections plus importante qu’il n’y paraît (les premières après avoir tenté durant près d’un an de sodomiser la mouche communautaire posée au plafond et après le Tchernobyl financier dont les retombées toxiques nous promettent bien des cancers).
Evidemment, pour se faire une idée, pour décider à quel endroit il faudra poser en Juin le bout de notre crayon optique, on peut toujours écouter les discours. Le truc, c’est que, en période électoral, les discours ressemble parfois aux échos confus des disputes chez les voisins alcoolique. Elio Di Rupo parle de «rentrer dans le lard» des libéraux. Etrange formule dont les images mentales se situent plus aux confins d’une pornographie SM que d’un véritable argument politique. Joëlle Millequet, elle, jouant aussi sur les affects, est plus maternante : les mots clé de son discours du 28 mars sont : «protéger», «adoucir», «confiance», «stabilité», «préparer». Le champs lexical est celui d’une berceuse au point qu’on se surprendrait à sucer son pouce. D’ailleurs les quelques clichés employés sans rougir («nous sommes à la croisé des chemins, nous devons construire un nouveau monde»), achève de donner à l’ensemble l’allure d’un tube sans queue ni tête à la Florent Pagny («Apprendre à Rêver, à rêver pour deux, rien qu’en fermant les yeux»).
Du côté du MR, le râteau est encore plus large : sur le site on félicite François Weyergans pour son entrée à l’Académie Française, on relaye le happening bobo de l’extinction des feux du 28 mars, on tire sur l’ambulance du pape et on ressort un slogan aussi vain qu’un argument de vente pour une paire de Nike et une canette de Coca : «de l’énergie pour l’Europe !»
Mais alors, leurs monture nous en diront peut être un peu plus. L’étalon de Didier Reynders serait une Mercedes S350 : nous sommes ici dans le luxe ostentatoire, l’amour du prestige, le culte du VIP. Elio di Rupo, lui arpente la wallonie en Audi A8. D’après le constructeur, il s’agirait du «vaisseau amirale». On parle de «rigueur» et «d’élégance». En tout cas, le petit bonhomme de Mons qui «voyais les nantis» se promène dans un engin dont la valeur dépasse celle de cinq année de salaire minimum. Mais après tout ne dit on pas : «charité bien ordonnée commence par soi même»
Enfin, Une Renault Espace sert de monture à la maîtresse des humaniste. Entre l’utilitaire et le minibus avec un poil d’élégance latine. Ce n’est pas l’engin le plus cher mais c’est lui qui prend le plus de place.
Oui, résolument, pour cette campagne ci, je n’écouterai pas les discoures, je me contenterai de regarder passer les voitures, elles ont tellement de choses à nous dire.

Le Soir 24-3-09

Toujours la même vielle histoire

Rien ne m’énerve plus que toute la série de réaction indignée, venue de gauche et de droite, suite au départ de Jean-Claude Defossez de la Rtbf pour rejoindre les starting block Ecolo. Après tout, nom d’une huître, les gens font ce qu’ils veulent. Et si ce journaliste amateur de grand imperméable à ceinture ou de veste en cuire un peu naze veut passer de l’autre côté de la Politique, finalement, ça ne regarde que lui.
Franchement, moi j’aimais bien les émission de Jean-Claude Defossez. Quand j’étais gamin, je ne comprenais pas tout ce qu’il racontait, mais il me faisait rire avec son regard de polisson qui regarde , par le trou de la serrure, les grandes personnes en trains de faire des bêtises. Les «Travaux Inutiles» était une émission formidable, les «Pieds dans le plats» aussi. L’Hebdo était pas mal et Question à la Une c’était franchement bien. Les mauvais langues vont diront que c’était parfois un peu démago, d’autres se pinceront le nez en vous balançant l’éternel argument du poujadisme, je crois que c’était souvent du bon journalisme, celui qui soulève les tapis, celui qui gratte les croûtes, celui que ça ne gène pas d'emmerder un peu le monde. Le vrai quatrième pouvoir sans lequel, de la démocratie, il ne resterait qu’un décors en carton manipulé par des techniciens cynique.
J’aimais bien Jean-Claude Defossez mais je comprendrai jamais pourquoi il a fini par passer le pont. L’argument, j’imagine, ce sera quelque chose comme «je voulais faire bouger le choses» ou bien «je crois avoir fait le tour de mon travail»… Quelque chose dans ce genre là.
Mais dans le fond, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’en voilà un autre, un indépendant, un ami de la liberté, un ennemi du mensonge, qui a fini par céder à la tentation bien réelle du pouvoir à défaut de celle du pouvoir réel.
Quand j’ai apprit ça, j’ai repensé à ce passage de l’Odyssé : «Tu rencontreras d'abord les Sirènes qui charment tous les hommes qui les approchent ; mais il est perdu celui qui, par imprudence, écoute leur chant, et jamais sa femme et ses enfants ne le reverront dans sa demeure, et ne se réjouiront. Les Sirènes le charment par leur chant harmonieux, assises dans une prairie, autour d'un grand amas d'ossements d'hommes et de peaux en putréfaction. Navigue rapidement au delà, et bouche les oreilles de tes compagnons avec de la cire molle, de peur qu'aucun d'eux entende.»
Je ne sais pas qui a gagné dans cette histoire qui reste encore à écrire, mais j’ai l’impression que la démocratie, si fragile ces derniers temps, vient d’encore perdre un anticorps.
J’espère juste qu’elle sortira bien couverte, en période d'élections, il y a plein de sale maladies qui traînent.

Le Soir 17-3-09

Faite vos jeux



Dans quelques tout petit mois, ça va être les élections. A chaque fois, dans notre petit pays bien aimé, l’approche des élections le pouvoir politique semble atteint d’un mal étrange : certains se raidissent dans des postures inconfortables, comme ces statues qu’on croise dans les parc, tirant à l’arc sur un cheval cabré. D’autre deviennent plus souple encore que ces petites contorsionniste chinoises qui parviennent, en défiant toute les lois de la résistance des cartilages, à faire rentrer un corps d’un mètre cinquante de haut dans un tupperware.
Certains se mettent à parler, soudain, après s’être longtemps tu. D’autre, au contraire, se taise soudain, après longtemps parlé. Certains changent d’avis, certains regardent ailleurs, certains gesticules, d’autre tentent de se frayer un chemin en jouant des coude, comme ces «dépasseurs» du petit matin, dans les bus bondé, pour essayer à tout prix d’avoir une place assise pour leur quatre arrêts.
Je ne peut pas résister à cette tentation vaniteuse de citer un grand auteur : dans «Choses Vues» Victor Hugo disait : « "Homme politique. Un drôle qui n'a pas de conscience. Une canaille qui fait de l'opposition systématique ou de l'autorité quand même, et qui dit blanc quand son chef dit blanc ou noir quand son maître dit noir, en vue de son intérêt particulier ou de son ambition personnelle, sans s'inquiéter s'il foule aux pieds le droit, la justice, la raison, l'honneur, le bon sens et l'humanité».
C’est amusant comme les choses ne change pas et comme cette pauvre démocratie, toujours fragile, toujours délicate, semble toujours à la peine par la faute même de ceux qui en sont les produits, à l’image de ces enfants devenu grand qui à la fois refuse de quitter le toit familiale et méprise leur parents.
La base même de la démocratie, c’est l’idée très astucieuse de la séparation des pouvoir. Avec cette histoire de «Fortisgate», il faudrait avoir du ciment dans les yeux et de la pâte à crêpe dans les oreilles pour ne pas comprendre que la séparation des pouvoir fût rangée dans un tiroir.
A l’issue des travaux de la commission d’enquête très démocratiquement mise en place pour aller y voir d’un peu plus prêt, la seule conclusion fut une liste de «rapports problématiques» entre la justice et les cabinet.
«Problématique». Un mot tout petit. Un mot tout timide. Un mot tout gêné qui ne voudrait même pas qu’on le regarde.
Rouler à 180 km/h sur le ring, c’est illégale parce que c’est dangereux.
Des pressions politiques sur le monde judiciaire, le mépris et l’arrogance du pouvoir, c’est juste «problématique».
Je me demande parfois si la fin de la démocratie ne commence pas par ce genre d’euphémisme.

Le Soir 10-3-09

Des ovaires dans la machine à laver


Je n’ai rien contre la journée de la femme.
C’est vrais qu’on leur en fait des misères aux femmes : on les violes et les étripes de toutes les façons possible juste pour passer le temps, on leur jette des cailloux pour un baiser échangé à la sauvette. Pas toujours très sûre d’être une nana, emballé et cachée sous du linge gris, cachée à la maison, cognée en stoemling, prostituée sans qu’on lui demande son avis.
Mais ne nous voilons pas la face, chez les femmes, c’est comme chez les hommes, il y a des idiotes, des méchantes, des cruelles en nombres, mais les statistiques sont là : aujourd’hui comme hier, si on aime ni les baffes, ni l'esclavages, ni les petits salaires, ni la précarité, ni les tournantes sinistres dans des parkings crasseux, il vaut mieux naître homme que femme et ça n’a pas l’air d’être prêt à s’arranger.
Alors, pour rappeler tout ça, une fois par an, c’est la journée de la femme.
La journée du Pape, par contre ça n’existe pas.
A priori, le Pape, c’est comme la journée de la femme, je n’ai vraiment rien contre. Il habite une belle grande maison, dans une belle grande ville, il s’habille un peu disco excentrique, il a plein de tableaux dans son salon, le genre de retraite dont tout le monde rêve.
Le seul truc, c’est que pour le Pape, les femmes ça n’existe pas.
Enfin, ce que je veux dire, c’est que pour le Pape, l’humanité est divisé en deux catégories : les hommes d’un côté et les ovaires de l’autre.
Comme le Pape, je suis pour le Pardon, alors je lui pardonne : connaître les femmes, ce n’était pas dans son éducation. Je trouve ça un peu dommage pour lui, surtout qu’il ne fait pas son âge et qu’il pourrait certainement encore profiter de la vie.
Aucune femme ne lui a jamais caressé les cheveux en l’appelant «mon petit lapin», aucune femme ne lui à jamais fait un de ces sourire incroyable qui vous fait exploser le cœur, aucune femme ne lui a jamais envoyé de sms pour lui dire : «je t’aime, tu me manque»
Du coup, pour le Pape, les femmes c’est jamais qu’un tas d’organes qui sert à faire des enfants. Ca n’a ni bouche pour parler, ni cerveau pour penser, ni tous le reste pour faire tous le reste et c’est vrais que vu comme ça, une femme, quand quelque chose de grave lui arrive, c’est un peu comme quand le chat vole le haché dans la cuisine, ça énerve un peu mais on s’en remet.
Du coup, quand des ovaires de neuf ans sont violés au Brésil et qu’ils tombent enceinte pour la première fois, on les excommunie parce qu’ils avortent. Quand au violeur, lui, il aura toujours sa place dans la grande famille de l’église pour qui «le viol c’est quand même moins grave que l’avortement».
Mais soyons juste, le Pape reste bienveillant avec les ovaires, par exemple, pour la journée des ovaires, il a estimé que la machine à laver était la plus belle des inventions du siècle. De quoi faire des ovaires libre !
Libre, mais à la maison.
Libre, mais en silence.
Libre, mais à disposition.
Faut pas déconner quand même.

Le Soir 3-3-09

Near Death Expérience

En février, le soleil à brillé trente trois heures et cinq minutes. C’est le record du siècle. Si un scientifique sadique avait mit des hamsters dans une petite cage éclairé durant trente trois heures et cinq minutes, il est probables que les hamster auraient fini par broyer du noir.
Février 2009, le mois le plus nulle du vingt et unième siècle : le monde des humains s’est enfoncé encore un peu plus profond dans une crise financière à la logique kafkaïenne, une centaine de mort à madagascare, la droite Italienne qui fait sa crise suite à l’affaire Eluana Englaro, l’extrême droite israélienne creuse son vilain petit trou, un coup de grisou emporte des dizaines d'esclaves chinois, Alain Bashung à des Victoire de la musique plein les poche mais toujours le cancer
Et comme si ça ne suffisait pas, il n’y a même pas eu de soleil.
Mars ne commence pas mieux : entre le premier et aujourd’hui, nous avons pu bénéficier d’une éclaircie aussi rapide que le flash de mon Ixus, les employés de la Poste entame le baroud d’honneur avant la disparition programmée de 2011.
Certains croit que la fin du monde est un grand bidule qui ira vite, qu’en 2012 on aura droit à quelques raz de marée, quelques tremblement de terre, un ou deux cyclone et l’affaire sera dans le sac...
J’ai l’impression que la fin du monde est un truc qui prendra du temps et qui a commencé ici, chez nous, en Belgique, avec cette décision cruelle du type qui s’occupe du thermostat de nous priver de soleil, comme les hamsters.
Et puis que le monde entier suivra notre contagion grisâtre : après l’absence de soleil, le monde attrapera nos petites querelles communautaires, notre constitution tirée par les cheveux, nos ministres aux aboies, notre fiscalité hératique, nos autoroutes piégées, nos banquiers hagard, notre salon de l’auto, notre Batibow, notre décret mixité et puis tous le reste...
Quelle fin cruelle pour notre belle terre.
Qu’est-ce que je suis déprimé !
Mais bon, un petit trois semaine et ce sera le printemps, les oiseau, les fleurs, le ciel bleu, l’amour, le renouveau.
Nulle doute que ça ira mieux à ce moment, les vitamines D. recommenceront à pourvoir être assimiler par mon organisme.
Ca changera tout.
Il n’y a qu’à tenir jusque là.

Le Soir 24-2-09

A court d’idée



Les blagues, j’aime bien. J’aime bien aussi les bête blagues qui embarrassent tous le monde quand on les raconte. J’aime bien les blagues sur les noirs, sur les arabes, sur les juifs, sur les flamands. J’aime bien les blagues sur les blondes, sur les handicapés, sur les roux, sur les riches, sur les pauvres, sur Guantanamo, sur le cancer de la prostate, sur les psys, sur la banque. De la même façon, je soutiendrai toujours qu’il vaut mieux allez un peu trop loin dans l’humour que se racrapoter dans le politiquement correcte, à la manière d’un testicule au contacte d’un verre d’eau froide.
Par contre, il n’y a rien de plus embarrassant que les blagues pas drôle. Quelle différence entre une blague drôle et une blague pas drôle ? La question est simple, mais la réponse insondable, ce qui est certains, c’est que les catégories du bon et du mauvais goût n’en font pas partie.
Rien n’est plus embarrassant, donc, qu’une mauvaise blague racontée, et c’est là un défaut classique, par quelqu’un qui annonce la couleur : «j’ai une blague» ou encore «vous allez rire» ou bien «vous connaissez celle»…
Ce genre de formule met généralement l’amateur de blague en garde : ce qui va suivre risque fort de ne pas être drôle.
A ce titre, la blague de Rudy Aernout est un cas d’école de blagues pas drôle qui met tous le monde dans l’embarras.
J’ai vu et revu les images tournée à Waterloo. Rudy, annonce sa blague, gigote sur le strapontin impatient de son effet et il raconte. Les gens rit, évidemment... Mais le spectre sonore de ce rire est caractéristique d’un rire poli comme on pourrait en avoir après qu’un petit garçon, de retour de l’école, raconte une blague de toto connue depuis le Moyen âge.
Mais tous l’intérêt de la séquence, vient des images rapides des VIP présent dans le publique : Serge Kubla, Didier Reynders et Charles Michel. Charles Michel rit et puis se met très vite la main devant la bouche, comme si il avait honte et puis il regarde en direction de son président, sans doute pour savoir ce qu’il convient de faire. Le chef, lui,à un comportement plus énigmatique. Sa main est aussi devant sa bouche, une main manifestement crispée, elle dissimule plus ou moins un sourire tout aussi crispé, un peu comme si cette blague avait été une pomme de pain qu’on aurait voulu lui faire passer par un endroit supposé délicat. Serge Kubla, proche de Rudy Aernout, emplois la méthode classique de la «diversion par le commentaire». Serge Kubla dit quelque chose à Didier Reynders. J’ai eu beau jouer avec l’équaliseur, je ne suis pas certains d’avoir comprit. Il lui dit quelque chose : «mmm... petite feinte...mmm». Didier Reynders répond quelque chose comme : «mmm.. oui mais bon...»
Dans les yeux du ministre des finances, sur ces images, ont pouvait sentir le trouble de la jeune fille sentant s’ouvrir des chakras sous l’effet d’un désir neuf. C’était joli et kitch comme un poème d’Alfred de Musset illustré par David Hamilton.
Enfin bref, comme souvent dans les coup de foudre, la famille n’a pas suivit et la romance fut étouffée dans l’oeuf. Dans deux jour on en parlera comme de l’étourderie et dans dix on en parlera plus.
Mais longtemps la figure ébouriffée de Rudy Aernout et les échos de son humour à deux sous viendront hanter les rêves de Didier Reynders.
Comme le dirais Alain Souchon : «rêver, c’est déjà ça».

Le Soir 17-2-09

Le labyrinthe du labyrinthe




Alors que je serais plutôt nul, j’ai toujours bien aimé les jeux qui font un peu mal à la tête. Je ne sais pas pourquoi. L’explication doit être un truc un peu morbide lié à ma personnalité se traduisant par un subtile penchant au masochisme, peut importe, les casse tête, j’aime bien.
Je me souviens par exemple d’un vol transatlantique avec pour seul compagnie un Rubik’s Cube. A l'atterrissage, je n’avais jamais réussi qu’à faire deux couleur et demis (le bleu, le rouge et un demi jaune). De la même manière, j’ai toujours aimé les long week end dans les Ardennes en Novembre, quand il vous tombe quatorze heures durant cette pluie glacée sur les toits en ardoises, et qu’un Master Mind ou un Cluedo incomplet sont vos seul passe temps. Et aujourd’hui, je fauche compulsivement la nintendo DS de ma fille pour me faire du mal avec les perversités du docteur Kawashima...
C’est pour ça que l’affaire Fortis, moi, j’ai tout de suite bien aimé.
L’affaire Fortis, j’ai tout de suite aimé parce que l’affaire Fortis, c’est comme mon vieux Rubik’s cube.
Dans l’affaire Fortis, comme dans un Rubik’s cube, il y a bien six côté et comme dans dans le Rubik’s Cube, si au moment du montage les couleurs étaient bien à leur place, il n’a pas fallu longtemps pour que tout se mélange.
Les couleurs de l’affaire fortis sont les couleurs classique de l’embrouille humaine : il y a le pouvoir politique, le pouvoir de l’argent, le désir de gloire, la peur de la perte et de la misère, les énergies négatives de la frustration et celle de la colère.
Comme pour le Rubik’s Cube, essayer de remettre de l’ordre là dedans revient la plupart du temps, pour le commun des mortels, c’est s’éloigner un peu plus de la solution. Comme pour le Rubik’s Cube, une torsion, un mouvement, et vous voilà un peu plus loin de l’ordre, un peu plus proche du chaos.
La théorie mathématique nous apprend qu’à condition d’être vraiment très malin, il est possible de remettre toutes les couleurs du Cube en un maximum de 23 mouvements quelque soit sa disposition initiale.
La théorie sociologique de la «rationalité limitée» nous prédit qu’avec 23 mouvements, dans l’affaire Fortis, on aura peut être réussi à mettre du café dans les thérmos, et encore, il n’est pas dit qu’on évitera un petit goût d’urine.
Je me souviens que mon Rubik’s Cube, par un soir d’été ou la chaleur lourde me travaillait les nerfs, j’avais fini par le démonter en m’aidant de la lame d’un couteau à beurre.
J’ai vaguement l’intuition que la Fortis ça va se terminer comme ça, en été, quand avec la chaleur et la fatigue on finira par décider d’employer une quelconque manière forte.
Je me souviens qu’après son opération, mon Cube n’avait plus jamais bien fonctionné.
Il grinçait, il se bloquait, il lui tombait des morceaux.
La même vague intuition me dit que pour la Fortis ce sera comme ça, un truc qui marche plus.
Un truc qu’on range quelque part.
Un truc qu’on ne comprend pas avoir acheté un jour
Un truc qu’on ne touche plus et puis qu’heureusement on oublie.