2/13/2009

La semaine infernale 14-2-09

Dite les amis,
aujourd’hui j’ai envie de parler à cœur ouvert...
Y’a des jours comme ça ou on a envie de se confier...
Où l’on sent que l’on ira mieux après...
Ca fait des mois que j’hésite et aujourd’hui, je me dis, peut importe les conséquence, au moins je me serai débarrassé du poids de ce si lourd secret qui me hante depuis bien trop longtemps...
Alors voilà,
le truc...
Ecoutez, je suis un peu embarrassé...
Vous comprenez, c’est difficile...
Allez je me lance...
Les flamandes...
Les flamandes...
Ca m’excite...
Les flamandes...
J’adore ça...
J’adore les flamandes...
Je veux dire que sexuellement, la flamande...
ce grand truc robuste, fiable, en bonne santé, plutôt blonde, avec cette épiderme à la couleur du lait frais dans un seau en fer, avec ces mains carré faite pour écraser les pomme de terre et planter les choux, avec ces gènes à la fois slaves, germanique, scandinaves et parfois, pour l’exotisme, luxembourgeois...
avec cette odeur de bonbon à l’anis, d’orge et de boulette de viande...
J’adore ça...
D’habitude les hommes rêves des africaines, des asiatiques ou des latinos ou même des vielles ou des grosses.
Les sites XXX sont fait pour les obsessions classiques.
Pas un seul site n’est consacrée au flamande.
Alors, je me fait des petits scénarios : ça se passerait du côté d’Herentals, peut être dans le village de Onze-Lieve Vrouw Olen, vers 14h30, au dessus d’un magasin Aldi, dans des réserves à l’odeur surette, elle s'appellerait Baukje ou Anneke ou Anneleen ou Ciska ou Froukje ou jorike ou Lieve ou Loes ou Lotte ou Marieke ou Miep ou Riet ou Tieneke ou Twinky ou Welmoed et elle me susuretait des : «Ik hou van je mijn liefde» et des «je handen op mijn huid».
Elle serait habillée en Zeeman, chausette acrylique, sous vêtements lycra, ses yeux serait aussi gris qu’une impasse à Vilvoorde, ses cheveux aurait la couleur de la crème brûlée et sa peau le goût du cramique. Elle aurais des seins comme des sofas, des fesses comme des canapés, un ventre comme une piscine communale...
Ma flamande...
En une seule après midi, je lui ferait dix neuf petits flamands typique...
Rien que des garçons. De ceux qu’on croise les samedis de printemps à Plakendael : 5 ans, un mètre soixante neuf, cinquante sept kilos de bon gras, le cheveux coiffé en brosse, la basquette lacée bien serrée, un teint de charcutier, criant des «Hé ! Kom Smeerlap !» au rhinocéros de Tanzanie comme si c’était un marchand de moules...
J’ai envie d’aller vivre en Flande
J’ai envie de m’installer dans un faubourg anonyme de West-Vlaanderen
De regarder VTM et Cannevas,
De me tapper des allez retour au fritkot de Aarschotsteenweg et d’y commander Twee Kraker, vier Pikanto en Drie Viandelle met Amerkaan Sauce...»
Et puis je rentrerais chez moi, garer mon Opel Astra dans l’allée de ma maisonnette
Je retrouverais ma flamande
On mangerais en écoutant le disque «Helmut Loti Goes Classique»
La vie serait belle
Et je suis certains que je serais heureux véronique.

La semaine Infernale 29-1-09

Alors moi, je vais vous dire un truc,
je vais super bien..
mais vraiment super bien, j’ai une pêche d’enfer
depuis quelque semaines, c’est le pied total.
La super forme.
Ca a commencé quand j’ai apprit un nouveau mot,
un mot magique, un mot qui change la vie.
Vous savez ce que c’est :
Hé bien c’est le mot : LifeStyle.
Maintenant, le monde, la vie, la politique, les tsunamis, les crash boursier, le milices congolaises, le Choléra, la misère, gaza, Olivier Maingain, Filip de Winter, les facilités, je m’en fout...
Peuvent tous crever...
Je m’en fout...
Moi mon truc, c’est le LifeStyle.
C’est trop cool...
J’ai enfin une place dans le monde
Chuis Lifestyle
Je vais au Pain Quotidien, je prend une tartine Boeuf Basilique, je lis le Elle, j’écoute Norah Jones dans mon Ipod Touch
Chuis LifeStyle.
Je suis un peu chiant mais je suis hyper heureux...
J’ai envie de m’acheter des trucs de déco
je vais chez Habita, j’achète un moulin à poivre Peugeot, je passe par la rue haute, les brocantes chic, j’achète une tarte chez Marcolini, chez moi je crée une ambiance, une athmosphère, total Feng Shui, mon ficus parle avec mes tasse à café, à Noel j’ai pas mit de boule dans mon sapin mais des nœuds en lin, je le regardais depuis mon canapé Stark en buvant du thé mariage frère montagne de Jade...
Total Effet Cocoon...
Total LifeStyle !
Ca me coûte un fric incroyable
mais je suis hyper bien...
Je ne lit plus que les rubrique «tendance»
les articles «branding»
Je suis hyper art de vivre...
Je me trouve sympa, je suis mon meilleur copain
Je suis Relaxe
je suis Zen
en un mot je suis LifeStyle
Je me prépare des petits trucs pour moi tout seul :
Des poires pochée à la Cannelle, des baguettes guacamole et crevette...
Ca me prend un temps fou, les enfants déteste...
Ma fiancée pleure pour un bon bolo
Je m’en fout...
Moi Chuis LifeStyle
Soir et matin, je me brosse les dents LifeStyle manche de brosse en Tek arabe, poile en castor
Je m’endors LifeStyle dans un lit en coton bio parfumé à l’Ibiscus de Hongrie
Je me douche LifeStyle, revêtement en pierre naturelle, douche type Rain Shower.
Je conduis ma smart, je prend des court de pilate,
je fait des city trip, j’ai un abonnement au David Lloyd, sur la table basse genre Bauhaus de mon salon repeint par Agnes Emery j’ai déposé la Terre vue du Ciel, une retrospective Sophie Calle et le New York de Paul Auster
Je vais super bien...
Super LifeStyle.
Ma femme est partie avec les enfants...
Je m’en fout...
Ils étaient même pas LifeStyle ces enfants
Mes amis ne me téléphone plus..
M’en fout aussi...
Pas LifeStyle non plus...
Bon je me sent un peu seul, c’est vrais...
Des fois, le soir, juste avant de m’endormir, j’ai un peu envie de pleurer...
Alors je bois un grand de San Pellegrino...
Et puis ça passe...
Vous voulez bien être mon amie Véronique...
Mais promettez moi d’être un peu plus LifeStyle !

La semaine Infernale 15-01-09

Moi, ce que je dis, c’est que ça commence mal.
J’ai déjà fêté plein de nouvel an. Plein de fois je me suis mit, à minuit, à embrasser tous le monde en disant : «bonne année, allez, hein... bonne année...» Et franchement, j’y croyais à chaque fois.
Mais là.
2009...
Ca commence mal.
Bon, je ne vous parle pas de la crise économique. Avec tous ces spécialistes qui vous disent que le pire est à venir, que ça n’a même pas encore commencé, qua ça va être comme une grande purge, que 2009 économiquement, ce sera une année sous le signe de la diarhée et qu’il n’y aura ni assez de toilette ni assez de papier pour tous le monde.
2009 ce sera la Berezinah.
Ca commence mal.
Au JT ils ont qu’avec le réchauffement, il commençait à y avoir des insectes au pole sud... Le pôle sud... Des insectes... Les pingouins vont attraper des puces, ça va les rendre aussi méchants que de Pitt Bulls, je plains les type de la station Princesse Elisabeth.
Ca commence mal.
Bon, que faut il penser d’Hermann Van Rompuy ? Je ne sais pas moi, mais un type qui répète dans toute ses interview : «moi, j’avais pas envie d’être là, mais on m’a demané» : je ne comprend pas : si vous devez engagez quelqu’un vous faite passer une interview. :
- Alors comme ça le travail vous intéresse ?
- non !
- Ah bon, mais c’est un travail qui vous plaît un peu quand même ?
- non !
- Mais vous êtes motivé ?
- non !
- Mais pourquoi vous êtes là ?
- on m’a demandé.…
Imaginez ça dans un mariage :
- Et alors comme ça, Carole toi tu l’aime ?
- non
- mais tu la trouve sexy ?
- non !
- mais pourquoi tu l’as épousé alors ?
- elle m’a demandé...
Hermann Van Rompuy, ça commence mal.
Tout commence mal.
2009, ça va être terrible.
Tous le monde commence à avoir des problème de santé :
Lizin problème de cœur. Remarquez comme ça on sait qu’elle en a un.
Daerden. Une pneumonie... Une pneumonie ? Moi je trouve que ça fait maladie du Moyen âge, ça. Ca fait pas du tout vingt et unieme siècle.
Aujourd’hui on a le cancer. Mais une pneumonie ! Pourquoi pas la Variole ou le Choléra !
Richard Miller, un pavé sur la tête.
Et Fabiola...
opérée sous hypnose....
Comme les pharaons.…
On régresse,
En 2009, la civilisation à enclancher la marche arrière
Ca commence mal
2009, coupe du monde de Hanball en croatie, l’accouchement de Rachida Dati, bouclage de la petite ceinture du métro, ma toyota ressemble de plus en plus à un tas de composte, j’ai râté le jour de ramassage des sapins de noel, pas une seule chaussure en taille 42 pendant les soldes, le salon de l’auto
En 2009 y’aura rien de sexy.
Si je devais choisir je dirais 2009 année mondiale du tapis plein
Ca commence mal.
Didier Reynders est toujours vice premier ministre
Laurette Onkelick est toujours vice premiere
Joelle Milequet est toujours vice première
Karel De Gucht devient vice premier, pas mal après son braquage...
2009 ça a l’air de commencer comme une blague de toto, mais dans le fond, 2009 ça commence très très mal.
Alors vous savez quoi, ce week end moi je vais fêter le nouvel an 2010. J’invite tout le monde à boire une coupe et à s’embrasser à minuit.
Comme ça, 2009, même si a aura mal commencé au moins ça aura passé vite.

La Semaine Infernale 27-11-08

Dite,
j’ai fait un truc de dingue...
Je ne sais pas exactement comment j’en suis arrivé là,
c’est peut être lié à l’expression d’une frustration sexuelle sous jacente à mon education un peu trop stricte,
c’est peut être parce que j’ai toujours un peu été à la recherche d’une figure paternelle pour me guider dans le monde,
c’est peut être parce je sais qu’entre Virginie et moi ça ne se fera jamais et qu’il me faut des objets transitionnelle.
Je ne sais pas...
En tout cas j’ai fait un truc de dingue :
je me suis abonné à Test-Achat...
Abonné à test-achat...
Comme ma vielle tante, celle qui sentait le spéculoos et qui nous servait chaque mercredi après midi des imitation Dannette vanille qu’on mangeait sur des set de table Jupiler avec des poils de chiens dessus...
Abonné à test-achat...
Comme le cousin du mari de ma cousine qui est notaire dans le Hainaut et qui habite à Baudourt une «maison 3 façades avec passage lattéral et garage, grand living, bureau, cuisine équipée, vaste véranda sur tout la longueur du bâtiment, 4 chambres, salle de bains, bon état jardin 3 ares, rue calme» et qui écoute du Patricia Kaas sur une chaine Hifi Grundig.
Abonné à test-achat...
Quand j’étais petit et que, dans la cour de récréation je jouais à être Luke Skywalker, quand je me disais que peut être un jour j’aurais la chance de tomber dans un fût de produit radioactif et d’en ressortir avec des super pouvoir, quand je me disait que mon avenir ce serait de vivre au dans une base sous marine hi tech milieux de 65 femmes blondes nourrie au phytoplancton, que je serais le roi de New York et que j’irais me promener sur la cinquième avenue en Lamborgini Diablo avec Virginie en mini jupe latex assise à côté de moi et que je m’arrêtrais en deuxième file devant chez Thiffany et que je lui paierais une paire de boucles d’oreilles taillé dans des émeraudes de 3 kilos cinq.
Abonné à test achat...
Non de dieu !
Remarquez, j’ai reçu un bic qui fait clé usb et qui à une petite lumière laser...
Chaque mois je reçois un nouveau numéro et je lis les articles :
- Troisième âge nouveau style, la qualité de vie des séniore.
- Filtre à eau, ça ne coule pas de source
- Comment conserver les restes
- l’éco managment dans les bureau
- Colle, bien choisir son produit
- Réparer un robinet qui fuit
Test achat...
je suis abonné et ça me fout le cafard...
Je sais pas pourquoi...
Peut être parce que c’est le premier signe de la dégradation...
Je suis sur la pente descendante... du gras s’accumule autour de ma ceinture abdominale, j’ai des trou de mémoires et je m’endort à 19h45 devant le JT en mangeant des Quality Street.
Test Achat...
Avant je m’endormais en lisant les aventures de Spirou et Fantasio, aujourd’hui je m’endort en lisant les cas vécu :
- En l’espace de quelques mois le GSM Nokia de Monsieur V. Tombe en panne à trois reprises...
Wouaw...
ou bien :
- A son arrivée en Sicile par un vol Alitalia, Madame C. constate que ses bagages sont resté à Milan.
Djeuuuu
Test - Achat...
Je crois que ma femme me trompe...
Hooo, je comprend...
je ne suis plus tout a fait celui qu’elle a connu...
le soir je lui parle du test des sandwiches au filet américain préparé du n° 522 de juillet 2008...
Mais je vais changer.
Je vais faire un effort...
La semaine prochaine je vais m’abonner au «Moniteur de l’Automobile».
Et ça, c’est quand même plus sexy, non ?

Le soir 9-2-09

Mon droit au malheur




L’autre jour, je ne sais pas pourquoi et je ne sais pas comment, je suis tombé sur une émission de Jean-Luc Delarue.
Hormis un léger agacement à la vue de ce garçon qui a fait sa fortune sur le malheur des gens sous le couvert hautement hypocrite de vouloir les aider, je n’ai rien contre lui.
Un petit prédateur parmi une foule d’autre prédateur autrement plus dangereux.
Bref, je suis tombé sur cette émission qui ressemblait furieusement à toute les autres émissions de Delarue : un publique d’anonyme applaudissant, parfois quand on lui donne le signal. Des témoins pris au piège du déballage publique de leur intimité, des spécialistes de disciplines parfois obscures venant analyser le tout en usant d’un langage en apparence professionnel et Delarue au plus proche de sa caricature : le verbe nerveux, sourire figé collé sur le visage à la manière d’un bébé alien, une lueur de fausse compassion, la chemise impeccable, la chaussure cirée et l’oreillette enfoncée bien profond.
Je ne sais plus exactement de quoi on parlais ce jour là : de quel maladie, de quel handicape, de quelle turpitude, de quel invraisemblable malheur ou de quelle misère. On faisait comme d’habitude : on savourait ces reportages racoleur tourné dans des intérieur sinistres, on faisait des commentaires sur ces parents débordé, sur ces enfants obèses et grossiers, sur ces maris jaloux, sur ces femmes anorexiques, sur ces vieillards compulsifs, sur ces ados crasseux... Delarue, c’est d’abord le plaisir pervers d’enfin pouvoir regarder nos voisins être aussi malheureux que nous.
Je ne sais plus de quoi on parlais mais je me souviens qu’on a fait intervenir une spécialiste, pardon une coach.
Coach.
J’ai tout de suite détesté ce mot qui m’évoque irrésistiblement un grand connard en training en train de me hurler dessus «pour mon bien».
Ce mot qui m’évoque ce que le monde moderne produit de pire, des agent de la normalisation : vous êtes triste ? Prenez un coach. Vous êtes gros ? Prenez un coach. Vous voulez vendre ? Prenez un coach. Vous vous sentez dépasser par la vie ? Prenez un coach. Vous ne savez plus quoi dire à la personne que vous aimez ? Prenez un coach. Qu’allez vous manger ce soir ? Prenez un coach. La crise vous fait peur ? Prenez un coach.
Le coach... Ni psy, ni copain, ni parents, sous produits du délire markéting, de la fascination morbide de la performance, de la haine de la différence, le bras armé du politiquement correcte que l’on imagine manucuré et en costume hanter les couloirs des PME pour motiver le petit personnel à grand coup de formules en plasticinne.
L’effet a été incroyable : a voir ce coach, sourcil froncé, se servir à pleine mains dans le cageot des vielles astuces de la PNL pour conseiller un amoureux éconduits, j’ai immédiatement décidé de cultiver mes travers, mes malheurs et mon physique de rongeur.
Je ne veux pas être heureux, je ne veux pas réussir, je veux rester un petit mec frisé, je veux être mal dans ma peau, c’est comme ça que je me sent bien.
Alors, merci coach pour ce moment de bonheur, de tout cœur j’espère rester un râté.
Ce sera ma plus grande fierté en ce début de siècle.

Le soir 3-2-09

Dark Side



Hier soir, j’ai essayé de faire un petit exercice d’introspection. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça, l’ennui sans doute... Il n’y avait rien à à la télévision, enfin disons rien d’autre que ce qu’il y a d’habitude : un film approximatif, un jeu, un épisode de «FBI porté disparus» et un sempiternel «Next» sur MTV.
Autant dire rien. Rien d’autre qu’un peu de cet ennui rance propre aux chaînes de télévisions classique et pourtant servit à grand frais sur des plateau dont la consommation électrique en une heure doit approcher celle d’un dispensaire africain en dix ans.
Le Net, lui était enrhumé suite à une «erreur humaine» et tous les sites étaient annoncés comme «pouvant endommager» mon ordinateur...
C’était une drôle de soirée, pour un peu je me serais retrouvé à lire un livre en écoutant de la musique. Heureusement, je ne l’ai pas fait. Parfois, j’ai l’impression que ce genre de comportement doit valoir à celui qui l’adopte, d’être immédiatement fiché par un service de renseignement obscures et d’être, dès le lendemain, victimes d’un harcèlement sournois de l’administration.
Alors, je suis resté à regarder le mur blanc de la cuisine, une attitude qui de toute éternité à toujours été propice à l’introspection.
Et là, sans que je puisse vraiment expliquer pourquoi ou comment, peut-être parce qu’il avait vaguement été question d’eux dans l’actualité, je me suis demandé ce que je pensais vraiment d’Elio Di Rupo et de Didier Reynders.
Je me suis demandé ça, en essayant d’oublier tout ce que j’avais pu lire sur eux ces dernières années, toutes les images que j’avais pu voire; toute les interview que j’avais pu entendre.
Je me suis demandé ça, en essayant de les imaginer chez moi, silencieux, grandeur nature, peigné et en costume, debout bien droit sur le fond toujours blanc du mur de la cuisine.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, ça a marché, c’est dingue quand même l’imagination, Didier était là : avec sa touffe poivre et sel, avec cet inquiétant reflet dans les yeux, avec ce sourire de mangeur de viande. Elio aussi était là, lustré, blinquant, le papillon collé à la pomme d'Adam, avec ce sérieux de joueur de poker, avec ce regard très doux de celui qui a attrapé un souris dans un piège et qui se demande s’il va la noyer dans un seau ou s’en débarrasser dans les toilettes.
Ils étaient là, à ne rien dire. J’en étais là, à chercher au fond de moi quelle genre d’émotions les maîtres de mon petit bout de pays pouvaient bien m’inspirer.
D’abord, quelque chose s’est serré dans mon ventre, puis une contraction musculaire au niveau du cou, ensuite comme un courant d’air froid le long de la colonne vertébrale...
Ce que je ressentais devant les deux homme de pouvoir, c’était de la peur.
Une belle peur toute simple, toute basique, toute carrée, comme dans l’Exorciste.
Alors, j’ai eu envie d’aller plus loin et de comprendre la nature et l’origine de cette peur.
Et puis quelque chose à attiré mon attention : la télévision.
Un jeu à Rtl où une série d’animateurs posait, très vite, des tas de question à vieil instituteur.
J’ai regardé ça et j’ai cessé de réfléchir.
Ca valait peut être mieux.

Le soir 19-1-09

Le trou noir




Le Hamas crie victoire et le gouvernement Israélien aussi. C’est chouette, j’aime quand tous le monde est content. En business langage, on appel ça une stratégie win-win. Bon évidemment, le win-win des uns c’est le loose-loose des autres. Pour Ehud Olmert dont il ne restait de la popularité que l’ombre d’un caleçon sale, cette histoire de Gaza ça l’a fait changer de costume. D’un piteux héritier sur le départ, il y a l’image d’un inflexible terminator. Pour le Hamas, dont le crédit sympathie était jusque là assez proche de la mouche à viande, ces bombes au phosphores, ce massacre, ces enfants en petits morceaux, ces pleurs et plus largement ce désespoir a le goût du miel.
Win-Win donc. Si j’avais un esprit tordu je dirais que probablement, pendant que les hélicoptère tirait des missiles sur des hôpitaux, Olmert et Mechaal devait se faire des soirées fondues en se racontant des blagues sur les blondes.
Win-win.
Gagner sur un tas de cadavre et sur des gigatonnes de haine, ça peut avoir l’air d’une drôle de victoire. C’est qu’il y en a à qui la simple vue d’un chat famélique dans les rues de Barcelone couperait toute envie de tapas et il y en a à qui une fillette aux jambes arrachés fait partie de ces choses par lesquelles il faut bien passer. Un dommage collatéral. Rarement la sémantique politiquement correcte aura eu aussi mauvaise haleine. «La guerre c’est le prolongement de la politique par d’autre moyens». Aujourd’hui Von Clausewitz dirait sans doute l’inverse : «La politique c’est le prolongement de la guerre».
Une poignées d’humains fait la fête, l’humanité une fois de plus à perdu. Sur les blog et les forum tout se mélange en un bal morbide : l’islam, les croix gammées, l’antisémitisme, le racisme, les invectives, les menaces. Le point Godwin est est atteint de plus en plus rapidement, tout le web sent la toilette bouchée. Dans les manifestations, la voix de la raison ne porte jamais aussi loin que les raisonnement les plus court, c’est le paradoxe éternelle de la puissance de la connerie.
Une poignée de gagnant, six milliards de perdants, c’est incroyable de constater à quelle point la démocratie, en ce début de millénaire pourtant vendu sous le signe du progrès et de la communication, ressemble à un cheval malade.
En fait, une fois de plus cette guerre imbécile nous a donné la confirmation que plus on communique et moins on réfléchis.
Une fois de plus cette guerre imbécile nous a donné la confirmation, la vie est un film raté, un scénario mal écrit, bourré de répétitions et qui en plus se termine mal.
Et il n’y a même pas moyen de changer de salle.

Le soir 13-1-09

Miracle de la pédagogie



Hier matin c’était un matin comme beaucoup de matin : un p’tit réveil un peu crevé, un peu tendu, un p’tit réveil où les actions doivent s’enchaîner avec rapidité et souplesse sous peine de mettre tous le monde en retard : réveiller les enfants, leur faire une tartine, emballer le pic nic du midi (ne pas oublier le Kinder), prendre une douche, trouver la chaussette Dora qui manque, répondre : «non pas maintenant» à la question «on va à la piscine ?» posée par la plus petite , embarquer tous le monde dans la voiture et, en balançant quelque centaine de gramme de CO dans l'atmosphère, accompagner tout le monde à l’école pour se donner l’illusion de leur assurer un avenir.
On en était là, dans la voiture : moi encore un peu ko de la nuit trop courte, la plus grande regardant d’un air mystérieux la neige qui commençait à fondre sous la pluie et la plus petite qui chantait avec obstination «venez venez Saint Nicolas, tralala...»
On en était là, avec en fond sonore un journal parlé particulièrement sinistre consacré à la guerre de Gaza et aux bombes aux phosphores blanc, quand la plus grande, sept ans à peine, qui semble sortir de sa rêverie et me demande : «c’est qui les méchants, déjà ?». Comme elle voit que j’hésite, elle précise : «entre les Israeliens et les Palestiniens, c’est qui les méchant ?».
Je respire et je commence par donner mon éternelle réponse tout terrain : «tu sais, des deux côté il y a des méchants et des deux côtés il y a des gentils...»
Réponse pas du tout satisfaisante pour une petite fille de sept ans et la voilà qui insiste, un peu agacée : «oui, mais qui a commencé».
Avec la pluie, la neige fondante et les températures négatives au sol, ça glissait pas mal. La circulation ressemblait à un long ver de terre malade, à part l’heure, rien n’avançait, je sentais que je devenais nerveux. Sur la buée du pare brise, j’ai commencé à faire un schéma : «bon, Israël, c’est un ovale. Il y a très très longtemps, il y avait des juifs, et puis des romains, oui les même que dans Astérix, et puis, il y a très longtemps des arabes qui sont arrivé et puis des Anglais, ok, bon dans cet ovale, il y a un rectangle tout petit, dans un coin, ça c’est Gaza. Dans le rectangle, il y a des gens très fâchés sur l'ovale parce que les gens de l’ovale leur ont fait pas mal d’ennuis et, du coup, ils lancent des bombes dans l'ovale, tu vois, mais du coup, les gens de l'ovale sont aussi fâché sur le rectangle, ils construisent un mur tout autour, ils leur coupe l'électricité et maintenant ils lancent des bombent, plus grosses et du coup, des deux côtés, les méchants deviennent encore plus méchant, et ceux qui étaient gentil, deviennent moins gentils et les enfants meurent.»
Je vois ma fille qui fronce les sourcils et qui fini par dire : «je ne comprend rien à ce que tu raconte»
J’ai fini par la déposer à l’école. Je l’ai regardé s’éloigner avec son gros sac et son bonnet et sous son bonnet toutes les questions auxquelles elle ne trouvait pas de réponse.
Ma fille découvrait que le monde était un labyrinthe et que ce n’était pas son papa qui allait pouvoir le sauver.
Rarement je me suis sentis aussi nul.

Le soir 6-1-08

Plus blanc que blanc




L’autre jour, pendant la nuit, il a neigé. C’est formidable quand il neige la nuit. On va se coucher, le monde est pareil à lui même : sombre, froid, légèrement humide, toujours un peu cinglé, vaguement boueux, les arbres ont l’air mort, les couleurs de l'horizon se déclinent du noir au bleu très foncés. La dernière choses que l’on a entendu c’est le douze minutes de la Rtbf : rarement le pouvoir en Belgique aura eu l’air du boulot le moins épanouissement du monde, les visages de Didier Reynders, Laurette Onkelinkx, Charles Michel, Joël Milquet, Etienne Schouppe et Guido De Padt ne laissent aucun espoir sur l’éventualité de l’existence du Père Noel ou de Saint Nicolas. La magie n’existe plus, l’heure est au réalisme politique et aux vertiges du déficit budgétaire. Et même si certains des ces responsables d’un gouvernement de naufragés essayent encore d’avoir l’air non pas optimistes mais simplement confiant, cela sonne aussi faux qu’un petit air d’opérette chanté en karaoké solitaire dans une maison en ruine.
Alors on va se coucher en se demandant ce qu’on sera dans six mois, dans un an, si le réveillons 2009-2010 se fêtera dans des abris, avec des tickets de rationnement ou bien simplement à l’eau froide.
On dort comme un vieux cheval qui sait que le lendemain ça sera de nouveau du boulot, de l’avoine et des coup de talon dans les côtes.
Un sommeil aussi profond qu’un coma.
Et puis le matin, on ouvre les yeux et les rideau et paf !
Le choc !
C’est blanc.
C’est plus blanc que blanc.
Il a neigé.
C’est beau comme du neuf, c’est lisse comme des vacances, ça a l’air aussi doux que de la fourrure d’ours.
Alors qu’on croyait ne plus jamais voir ça, la nature nous a sortis une saison d’une de ses poches secrètes.
Quand il a neigé comme ça, il fait tout calme. Les petits mots empoisonnés à la Chambre, les lamentations de la Bourse : on les entends à peine.
Un petit oiseau noir sautille jusqu’a une motte de beurre qu’on a laisse sur la terrasse.
Tout va bien pour lui.
Quand il a neigé comme ça, tout à l’air propre.
Un Reynders qui marche dans vingt centimètre de poudreuse, ça redevient un mammifère qui recherche un peu de chaleur.
Quand il a neigé comme ça, le monde entier semble retrouver son équilibre.
Quand il a neigé comme ça, ça fait rigoler les gosses.
Et puis, en plus, il paraît que ça va tenir. Il va faire un froid polaire. Le miracle s’accroche.
On se croirait revenu en 1565 au moment au Bruegel l’Ancien nous faisait ses «Chasseurs dans la Neiges», on se croirait dans l’hiver du Petit Poucet, ça sent le compte de Grimme, Hansel et Gretel.
Quand il a neigé comme ça, on a l’impression qu’on va pouvoir trouver des artefact magique pour améliorer notre quotidiens : des bottes de sept lieux, un balais de sorcière, un tapis volant...
Quand il a neigé comme ça, le pays reste toujours bloqué pendant une douzaine d’heures.
Que du bonheur, en somme.

Le soir 30-12-08

L'autruche de noel




J'ai fait l'expérience : depuis le vingt trois décembre à quinze heure, heure à laquelle (si mes souvenir sont bon) Wilfried Maertens (sortis d'un carton à la manière d'une boule de Noël) discutais le bout de gras avec Hermann Van Rompuy (fraîchement repassé à la manière d'une nappe pour la table du vingt quatre), je me suis coupé de toute forme d'information.
Plus d'information à la maison : plus de radio (sauf pour l'info trafic du centre Perex), plus de télé (sauf pour la neuf millième diffusion de la Grande Vadrouille), plus de journaux (sauf les folder sinistre des hard discount déposé en stoemeling par un travailleur au noir crevé d'avoir fait la file par moins trois devant les porte de l'Office des Etrangers).
Plus rien. Ne rien savoir du sinistre tango des hélicoptères au dessus de la bande de Gaza, ne rien savoir de l’alcoolisme de Johnny Depp, d’Angela Merkel et de la crise de l’automobile en Allemagne, d’Espinoza et du Standart, du choléra Zimbabwéen, de l’enigmatique Guido de Padt, de Benoît Ludgen, de Faurisson chez Dieudonné.
C’était pas facile, mais j’y suis arrivé. Mon univers s’est réduit à vue d’oeil : j’ai écouté au top 50 des histoires de gens qui s’aiment chanter sur des rythme pop et des rythme soul, j’ai joué à ma Xbox à des jeux de gens qui se flingue, j’ai regardé les enfants faire et défaire des cirques en Légo, j’ai mangé des reste de réveillon à l’allure douteuse (dont une huître oubliée durant une nuit à côté d’un cendrier plein), j’ai bu des fonds de Clairette de Die, j’ai regard le gel dur de la fin de la dernière semaine de l’année en finir une bonne fois avec le gazon du jardin, j’ai posé une fois la question : «ça commence quand les soldes ?», j’ai essayé (sans succès) tout un lundi de téléphoner à Electrabel. J’avoue avoir un peu tourné un rond au point de proposer aux filles une partie de «SOS Ouistiti» ou de «Tortille Chenille» (elles pouvaient choisir), mais je me suis vu opposer une fin de non-recevoir.
Durant ces quelques jours passé loin du monde, je ne peut pas dire que je me suis senti particulièrement malheureux. Mais pas particulièrement heureux non plus.
Je me suis senti comme cette huître qui avait passé son réveillon à côté d’un cendrier plein... Avec la conviction que quelque chose clochait, que je n’étais pas à ma place, avec l’impossibilité de parvenir à définir l’origine du malaise qui s’emparait peu à peu de moi et avec la crainte de découvrir comment allait se sceller mon destin.
Alors, le trente décembre à 15h30, j’ai craqué.
J’ai ouvert le journal : «Stefaan Declerk sera ministre de la justice», «Colruythe rappel un lot de saucisson : Le Compagnon» à cause d’un problème de date de péremption».
Et je me suis demandé pourquoi diable la politique n’avait elle pas la même sagesse que la charcuterie ?

Le soir - spécial noël 2008

Plus près du Paradis


C’est vrais, 2008 ça aura été comme ces repas entre amis qui tourne mal parce qu’il y en a un qui, après avoir trop bu, se met à insulter tout le monde. 2008, ça aura été une année aussi triste qu’un pneus crevé entre Wavre et Chatelineau un lundi matin de novembre. 2008, ça aura été comme un vol au vent froid pris tout seul à la cafétéria d’un grand magasin. 2008, ça aura été le genre d’année où l’on se dit que les meilleurs moment auront été ceux passé à dormir et à rêver à des vacances sur mars, loin, loin, très loin de ce monde qui décidément n’apprendra jamais rien.
Tout ça, c’est vrais.
Mais bon.
Comme le dirais la mère de ma voisine : «c’est comme ça, c’est comme ça, on ne va pas pleurer en plus quand même». Et c’est vrais que finalement, à bien y réfléchir, on se dit que ça aurait pu être pire.
Par exemple, en 2008, tout le monde aurait pu mourir.
Ah oui, ça ça aurait été pire.
Comme dans un de ces films catastrophe où Bruce Willis doit faire exploser des météorites fonçant droit vers la terre et où il se sacrifie pour actionner le détonateur mais où le détonateur aurait été mouillé et aurait fait «pschit» au lieu de «boum».
Du coup : tous mort en 2008.
Bon, Jean-Marie Dedecker et Filip De Winter aussi.
Mais bon, tous les autres aussi.
Même Zeynep Sever et ça c’est dommage parce qu’on aurait pas pu voir les photos en maillot au bord de la piscines.
Donc, si tous le monde était mort en 2008, ça aurait pire.
Mais par exemple, même si tous le monde n’était pas mort en 2008, tout le monde aurait pu attraper un érythème polymorphe.
Un gros, un moche, un purulent, un verdâtre érythème polymorphe.
Et ça, ça aurait été pire parce qu’une crise financière couplée à une crise politique, ce n’est déjà pas drôle.
Mais une crise financière couplée à une crise politique couplée à un érythème polymorphe, ça ce n’est vraiment pas drôle.
Bon, un érythème polymorphe pour tous le monde, ça veut dire aussi pour Kim Jon Il et Vladimir Poutine.
Mais ça veut dire aussi pour Zeynep Sever et ça c’est dommage parce que pour les photos en maillot de bains, ça aurait franchement moins joli.
Mais il aurait pu se passer encore d’autre chose en 2008 pour que ce soit pire.
Parce exemple, en 2008 il y aurait pu y avoir une invasion d’extraterrestres.
Mais des gentils, comme le petit truc brun de E.T.
Des méchant, comme Bart De Wever.
Imaginez : on se réveille tous un matin et des milliers de vaisseaux sont descendus sur terre avec, à leur bord, des milliers de Bart de Wever venu prendre possessions de la terre, venus nous confisquer nos maisons, occuper les post clé de nos administrations et se reproduire avec nos femmes !
Bart de Wever gouverneur de Californie.
Bart de Wever Premier Secrétaire du Partis Communiste Chinois.
Bart de Wever Prince Souverain de Monaco.
Bart de Wever pâpe.
Bart de Wever et Zeynep Sever !
Bart de Wever miss Belgique !
Bart de wever en maillot bleu au bord de la piscine !
Oui, 2008 aurait pu être bien pire.
Alors, franchement, arrêtons de nous plaindre. D’avoir su éviter tout ça prouve qu’une fois encore, 2008 fut une année sous le signe du coup de chance.
Espérons que 2009 soit à la hauteur.

Le soir 22-12-08

Bingo



Ca y est, Yves Leterme est enfin arrivé à quelque chose, il est enfin parvenu à démissionner. Depuis des mois qu’il essayait vainement, on avait fini par ne plus y croire. Il était un peu devenu comme ces otages oublié coincé au fond de l’Amazonie depuis un nombre incalculable de jour. Nous étions tous avec lui à espérer le voir réussir dans son projet fou de quitter cette jungle gouvernementale pour laquelle il n’était pas fait du tout, avec lui nous avons souffert de voir ses tentatives échouer aussi lamentablement que des mayonnaises levées avec le pouce et l’indexe, nous étions tous a plaindre ses proches, nous étions tous à espérer qu’il puisse rapidement rentrer chez lui et y mener une vie normale et y exercer son talent pour la cuisine du terroir.
Aujourd’hui, on ne peut que se réjouir, Yves passera Noel en famille, il est comme Yann Eliès, ce navigateur français que l’on a craint perdu mais qui, heureusement, sera parmi les sien le vingt quatre décembre.
Que va devenir Yves Leterme ? C’est difficile à dire. Je ne lui souhaite en tout cas rien de mauvais. L’homme n’est pas méchant, rarement un seul homme fut au centre d’une telle conjonction de maladresse labyrinthique, de malchance conjoncturelle et de problème de communications.
Si les chemins du destin avait été différent, il aurait sans doute pu être un homme heureux : cycliste anonyme du dimanche sur les route rectiligne de flandre orientale, employé diligent à la cour des comptes, navetteur fatigué mais courageux dans un train de banlieue avec dans les mains le Standaart et entre les jambes un attaché case samsonite reçu pour la fête des père et contenant ses tartines au fromage blanc et un thermos de café.
Que va devenir Yves Leterme ? J’avoue que j’ai un peu peur pour lui. 800 000 voix pour, il n’y a pas deux ans, dix millions contre aujourd’hui, voilà de quoi faire mal au ego les plus endurcis.
Aujourd’hui, son nom sombre déjà lentement mais sûrement dans les marécages de l’oublis et tous le monde semble attendre celui que l’on ne connaît encore que sous le nom de code «d’homme providentiel».
On parle de Jean-Luc Dehaen, je répond qu’il s’agit là d’un terrible manque d’imagination dans un moment où la Belgique à justement besoin d’idée. Pourtant, des personnalité de talents la Belgique n’en manque pas.
J’ai fait un rêve : le grand Stroumphe premier ministre, Bob et Bobette en vice premier, le marsupilami aux finances, Boul aux affaires étrangères et Bill à l'Intérieur et ce pauvre Lambil au Budget.
Même si ce ne serait pas le paradis, je crois qu’on tiens là une piste intéressante.

Le soir 16-12-08

Shoe Post

Attention, ça va vite : d’abord il y a Georges Bush, un américain qui n’est ni encore tout à fait un président, ni tout à fait un ex-président, disons un Texan qui a eu de la chance. Et puis, il y a un journaliste Irakien en Irak, un pays où il y a une sale guerre où des hélicoptère Appache mitraillent des hommes désarmés, où des barbus à moitiés fou en égorgent, justement, des journalistes, où des gosses posent des bombes sur des marchés noir de monde, où ça torture, où ça estropie, où ça pend et où la violence semble avoir remplacé la raison pour un moment.
Il ne s’est rien passé de vraiment incroyable, l’autre jour, lors de la conférence de presse que tenait le Texan et où il n’avait pas grand chose à dire. Il ne s’est rien passé de plus incroyable que ce qui se passe de temps en temps chez moi, quand la petite de trois ans rentre en douce dans la chambre de la grande de sept ans pour lui piquer une «Groovy Girl» : on s’est jeté des truc à la tête, pas du lourd, pas du contondant, pas de l’explosif, non, de la chaussure.
De la bête chaussure.
Ce qui est toujours intéressant, quand on a ce genre d’image, c’est de regarder ça attentivement, au ralentis.
Pour bien comprendre.
D’abord, le Texan, il est comme d’habitude. Il est cool, il sert les mains à la manières d’un joueur de basket qui vient de mettre un panier, pas de problème.
Et puis, un homme se lève, crie quelque chose dans une langue que je ne comprend pas et jette sa première chaussure.
Beau lancé, droit, très baseball. Ca sent l’entraînement.
Qu’on l’aime ou pas, le sportif ne pourra s’empêcher de saluer la très belle esquive du Texan. Nombres d’hommes plus jeunes ne pourraient se vanter d’avoir des reflex aussi affûté. D’un geste vif et sans perte d’équilibre, le tronc s’incline sur la gauche et puis revient en place. Le lanceur envoi aussitôt sa seconde chaussure, un lançé nettement moins précis, on sent l’aigreur et le dépit d’avoir raté son premier coup. Le Texan lui aussi réagit moins, un moulinet avec les bras, une grimace, plus le geste d’un homme qui se noie que celui d’un homme qui esquive, si il y avait eu une troisième chaussure, nul doute qu’elle aurait atteint sa cible.
Et puis, le lanceur, disparaît.
J’ai mit du temps à comprendre comment le lanceur se cassait la figure. Si on avait été dans un film, un agent de sécurité habillé en noir lui aurait fait un «kokyu nage» rapide et silencieux.
Mais dans notre monde réel, un gros type est arrivé par derrière pour lui agripper le pantalon.
Il faut bien regarder les images au ralentis pour s’en apercevoir.
Une prise digne d’une heure de psychomotricité en première maternelle
Et puis d’autres gros types sont arrivés pour se mettre en tas, sur lui, un peu comme une mêlée au rugby, mais en plus maladroit.
Et puis de journalistes ont pris des photos.
Et puis le tour du monde à commencé.
En quatre vingt seconde.
Comme quoi le pouvoir et le ridicule ne sont jamais très éloigné.
Et la réalité manquera toujours cruellement d'élégance.

Le soir 9-12-08

Ca pique aux yeux



Je me souviens être passé, il n’y a pas si longtemps et presque par hasard par Poznan. Pour y arriver, on devait emprunter une autoroute un peu déglinguée, contourner des zones industrielle couverte de poussière de charbon et se glisser dans une circulation dense constituée en grande partie de vieilles bagnoles datant de l’ère pré-écologique.
A Poznan, il y a plein de gros hôtels assez moches avec plein de chambre recouvertent de moquette acrylique obtenue par synthèse d’hydrocarbure et de télévisions remplies de bouts de cuivre qui seront recyclé par les enfants indiens du «Loni Border».
Le matin, on boit du café Brésilien cueillit du côté de Sao Paulo par les petites mains des favelas et acheminé en Europe par des porte conteneur transformant des milliers de tonnes de diesel en co2 et oxyde d’azote. Aux petites heures, avant les réunions, on peut observer les efforts désespéré du soleil pour percer l’épaisse couche nuageuse dont les couleurs bleutées ferait rêver le docteur Folamour.
Enfin bref, Poznan, c’est un bon endroit pour organiser une conférence sur le climat.
Ce qui est étonnant, c’est que malgré les encouragements désespéré du décors (organiser la même conférence à Mégève dans un chalet en bois et en après ski, par exemple, aurait été faire preuve de cynisme), les débats n’ont connus aucune avancée substantielle...
Yvo De Boer, le responsable de l’ONU chargé des question climatique, à jugé la situation «problématique».
Je renvois le lecteur curieux à la définition du mot «euphémisme» dans le Petit Larousse Illustré.
Donc, à part les jolis doigts des secrétaires sur les clavier des PC, rien ne bouge à Poznan.
Cependant, on peut se réjouir d’initiatives individuelles témoignant du fait que certains gouvernements prennent malgré tout la pleine mesure de la problématique climatique. Ainsi, en Grèce, le pays berceau de la philosophie stoïque et de la démocratie, le ministre de la santé à demandé que la police ne fasse plus usage de gaz lacrymogène tant l’ère de la capitale était devenu irrespirable.
J’applaudis des deux mains cette belle idée de police bio et j’encourage les pouvoirs publiques grec à ne pas s’arrêter en si bon chemin : supprimez les balles en acier ou en caoutchouc, chargez vos armes aux pépins de raisin. Plus de matraque en aluminium, utiliser du chêne, tabasser équitable.
Et pour les émeutiers : pensez à vos enfants et préparez vos cocktails molotov avec du Cointrau, l’odeur et le goût sera meilleur et puis, ce sera l’occasion de se souvenir, à la manière de Proust, des mercredi après midi passé chez vos grands-mères. Pillez «made in dignity», bouder les magasins hi-tech et préférez les boutique Oxfam.
Amis Athéniens, merci... Une fois encore vous nous servirez d’exemple.

Le soir 2-12-08

Une nouvelle aube



La poésie, c’est quand même quelque chose de bien. Belle, triste, drôle, mystérieuse, étrange, macabre, coquine, gothique, baroque, moderne, hermétique, cocasse... Peut importe. Peut importe même d’en lire souvent ou rarement, de la croiser volontairement ou par accident, l’important c’est qu’elle existe. Dans un monde ou tout semble devoir une fonction, où tout est pesé, mesuré, évalué, envoyé sur le marché et jugé en fonction de l’importance de son «retour sur investissement», la poésie à la fierté des choses totalement gratuite. Comme dirait Cocteau : «Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi».

Baudelair : «Dans une terre grasse et pleine d'escargots
Je veux creuser moi-même une fosse profonde,
Où je puisse à loisir étaler mes vieux os
Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde,»

Charles cros : «leur enfant, ange rose éclos dans cet enfer,
fait des petits château avec du mâchefer.
A quinze ans il vendra des journaux, des cigares :
Peut être le bonheur n’est il que dans les gares !»

Barbey d’Aurevilly : «Je pris pour maître, un jour, une rude Maîtresse,
Plus fauve qu'un jaguar, plus rousse qu'un lion !
Je l'aimais ardemment, - âprement, - sans tendresse,
Avec possession plus qu'adoration ! «

Bobby Lapointe : «Si t’avais été plus modeste
T’aurais dit qu’ta mère elle est modiste
et que ton papa l’empeste
parce qu’il est lampiste»

Raymond Queneau : «le moissonneur est bien content
il met une bûche dans l’âtre
et dans un ancien récipient
où dort une soupe verdâtre
il taille le pain de ciment»

Alexandre Vialatte : «Jupiter tonne l’apophtegme,
vénus en paronomasyses
Erige sur la poésie
la divinité de son flegme»

Jean-Pierre Verheggen : «Coucou ! Nous voilou ! Damned, Mamadou ! Vous vous êtes salement cassé la binettes ! Vous êtes vraiment malchanced»

Barrack Obama : «"La route sera longue. Le chemin sera escarpé. Nous ne parviendrons peut-être pas au but en un an ou même un mandat, mais l'Amérique - je n'ai jamais ressenti autant d'espoir que ce soir - y arrivera. (…) Mais avant tout, je vous demanderai de prendre part au travail qui consiste à reconstruire cette nation comme cela s'est toujours fait en Amérique depuis 221 ans, bloc par bloc, brique par brique, main calleuse par main calleuse»

Personnellement, j’aime moins le dernier texte. L’auteur est un poète à la mode qui, dit on, donnerait de l’espoir à ceux qui l’on perdu. Je me dis surtout qu’à manier le cliché comme on conduit un camion de déménagement, les choses qu’on aimerait voir changer sont encore là pour quelques siècles.

Le soir 25-11-08

Isla la louve des SS



La culture, voilà quelque chose de bien. Surtout en cette saison, alors que l’hiver à ouvert toutes grandes les portes du froid, qu’il fait un temps à rester chez soi (sauf sil les enfants insistes vraiment beaucoup pour faire un bonhomme de neige fondante sur le trottoir), à allumer les radiateurs, à mettre un pyjama en laine et à se glisser sous une couverture.
Le sale temps, c’est le temps idéal de la culture à domicile. On se tiens un peu à distance des temps présent, décidément de plus en plus infréquentable, on se tiens à distance de la morsure de ce vent venu du Nord, on se protège de la déprime et du rhum, on cherche d’autres aventures et la culture, dans son genre, c’en est une belle.
Européana, la très très grandes bibliothèque numérique européenne, ça devait en être une, de belle aventure. Imaginez avoir accessible chez vous, au bout des doigts, pour le prix d’un bête abonnement à internet, une montagne de livres rares ou classiques, des hectares de peintures, de gravures et de photographie, des tonnes de sculptures, de moulages et de marbres, de la poésie par chariot, des romans, des essais, des lettres et des articles venus de tous pays et de toutes les époques. Comment ne pas être prit de vertige face à cette incroyable chaîne de montagne culturelle, un continent de richesse, l’étalage foisonnant du génie créatif de l’homme à travers les âges...
Wouaw...
Hé bien tout ça, ça a fait plouf !
Tout cassé la bibliothèque numérique.
Trop de monde à la fois... C’était prévu pour cinq millions de curieux, il y en a eu dix millions et les serveurs se sont sentis comme des petits pédalos devant accueillir les naufragés du Titanic...
Bien entendu on pourrais être heureux de voir que tant de monde s'intéresse encore aujourd’hui, aux choses de l’esprit. Cette grosse crampe informatique serait alors le révélateur que l’on a mal jugé les hommes, qu’ils sont resté curieux de tout, assoiffé de savoir et que, peut être, ils ne sont pas si mauvais, qu’ils auraient alors un avenir.…
Les sujet les plus recherchés, durant les quelques instant précédant la mort de la machine, furent des sujet tournant du sexe («Le Dieu Priape», «l’Age Nubile», «l’Infâme Vénus couchée», «Cratère d’une fille adolescente animée de désir déréglée») et du nazisme («Mein Kampf»).
Zut alors...
En fait les humains ne change pas.
La fin d’Européana, plus que la fin d’une bibliothèque, ça aura été encore une fois, la fin de l’espoir.
Alors, moi, je suis resté sous mes couvertures, portes fermés, volets baissés.
Et j’ai allumé ma télé.